Épisode 1 : La posture et l’état d’esprit du parent

Episode 1 • October 30, 2026 • 01:13:38
Épisode 1 : La posture et l’état d’esprit du parent
Trampoline
Épisode 1 : La posture et l’état d’esprit du parent

Oct 30 2026 | 01:13:38

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Show Notes

Dans cet épisode, des parents partagent leur vécu à travers les différentes étapes de l’hospitalisation et du rétablissement de leur enfant. Ils abordent les sentiments d’impuissance, de culpabilité ou d’inquiétude, mais aussi les apprentissages qui les ont aidés à poursuivre leur rôle auprès de leur jeune.

Une discussion empreinte d’authenticité sur l’importance de demander du soutien, d’accepter ses limites et de prendre soin de soi pendant cette épreuve.

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Episode Transcript

[00:00:04] Speaker A: Bienvenue au Balado Trampoline, qui donne la parole aux jeunes ayant vécu une hospitalisation en pédopsychiatrie, à leurs proches ainsi qu'aux professionnels qui les accompagnent. À travers ces épisodes, nous abordons les défis et les apprentissages qui marquent le parcours de rétablissement en santé mentale. Car derrière chaque hospitalisation se trouve une histoire unique, celle d'un jeune qui compose avec sa souffrance, d'une famille qui cherche à comprendre et à soutenir, et d'une communauté qui peut faire une réelle différence. Ce balado est réalisé dans le cadre du projet de recherche Trampoline grâce au soutien financier des Instituts de recherche en santé du Canada et du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada. Le projet est mené en collaboration avec Santé Québec Montérégie Centre et Montérégie Est ainsi qu'avec les centres de services scolaires Marie-Victorin et Des Papriotes. Bonne écoute! [00:01:04] Speaker B: Bonjour à tous, je m'appelle Audrey Lapierre, je travaille au social à l'hôpital Charles-Lemoyne en ado psychiatrie. Donc aujourd'hui, je suis avec trois parents qui vont partager leur expérience, puis on va faire un échange sur un peu le parcours, puis tout ça en psychiatrie. Donc, je vais les laisser se présenter. Donc, je vais commencer par Brigitte. [00:01:29] Speaker C: Oui, bonjour. Alors, j'ai 52 ans, j'habite sur la rive sud de Montréal. Je suis la maman d'une fille qui s'appelle Lily, qui a aujourd'hui 16 ans. Lily tenait vraiment à participer au projet Trampoline pour donner un peu au suivant. puis aider des jeunes, puis là, finalement, des parents aussi qui vivent ce qu'elle a vécu. Nous autres, ce qui nous a amenés en pédopsychiatrie, je dis «nous» parce que le parent aussi, par la force des choses, est amené là. Lili a aujourd'hui, depuis deux ans à peu près, un diagnostic d'autisme. Mais ça a pris... C'est à partir de l'âge de 12 ans qu'elle a commencé à avoir des symptômes de détresse psychologique. Puis on n'avait personne, on n'avait aucune idée qu'elle était autiste parce qu'elle compensait énormément. Puis à l'âge de 12 ans, puis c'était en plein pendant la COVID aussi, qui a mis toutes les jeunes à l'épreuve. Lily a commencé à régresser, mais d'une façon complètement inexplicable. Elle n'était plus capable de dormir dans son lit, elle ne mangeait plus, elle ne riait plus et elle ne se comprenait plus du tout. Elle couchait, désespoir de cause, j'avais fait un matelas à côté de mon lit, dans ma chambre pour qu'elle finisse par dormir. Puis c'est allé cauchemar par-dessus cauchemar parce qu'elle n'était pas bien. Donc ça, éventuellement, ça nous a amenés en pédopsychiatrie pour comprendre ce qui se passait. [00:03:10] Speaker B: OK. Merci. Ça va être intéressant. On va regarder un peu aussi tout le parcours par la suite. Mais OK. Ça a été tout un parcours. Puis l'autre parent, Karine, Bonjour. [00:03:26] Speaker D: Moi aussi, je suis une maman d'un garçon de 20 ans aujourd'hui qui a un parcours un petit peu différent, a été suite à une situation, a été hospitalisée en pédopsychiatrie, donc n'a pas eu de service en pré-hospitalisation ou post-hospitalisation. C'est à un moment précis dans sa vie qu'est arrivé quelque chose. Nous aussi, Brigitte a volé mon punch, nous aussi on voulait redonner au suivant. Donc mon fils aussi participe au podcast, vous allez l'entendre dans un autre éventuellement. Je pense que l'objectif c'est aussi de permettre aux parents d'avoir une meilleure compréhension de ce qui se passe, puis être capable de mettre des mots sur des sentiments ou sur des émotions ou sur des événements qui, des fois, on est complètement dépassés ou qu'on a l'impression qu'on est seul au monde. Donc, pour ma part, c'est un peu l'objectif que j'ai aujourd'hui de pouvoir en être présente. [00:04:18] Speaker B: Merci beaucoup. Et le seul et non le moindre, je suis contente d'avoir un point de vue d'un papa. [00:04:28] Speaker C: Un mâle, un vrai mâle. [00:04:30] Speaker B: Donc Jean-François. [00:04:31] Speaker E: Bonjour tout le monde. Jean-François, 52 ans, gestionnaire en informatique, parent de trois enfants. Ma plus vieille a eu, dans le fond, une période difficile vers la fin de son secondaire. Puis, c'est quoi, un peu de mutilation, idéation suicidaire, ça nous a emmenés en pédopsychiatrie. Ça fait que c'est ça, c'est tout un cheminement. Je suis là pour le partager. La raison pour faire ça, bien évidemment, c'est pour passer au suivant, moi aussi. [00:05:05] Speaker A: Bien voilà. [00:05:07] Speaker B: Merci beaucoup. Donc, dans le fond, on va commencer un petit peu par, là, ce que j'entends, c'est que vous avez chacun des parcours différents, puis c'est ça qu'on souhaitait aborder. Un peu, c'est quoi, ça ressemble à quoi un parcours? on en arrive à de la pédopsychiatrie. Puis, ce que j'avais entendu, Brigitte, peut-être que tu peux le partager, mais des fois, dans certaines situations, il peut y avoir comme un essoufflement ou des fois, il peut y avoir eu beaucoup de services puis beaucoup de questionnements sur la situation. Avec Karine, ça peut être soudain comme ça, il peut y avoir plusieurs émotions. Puis, avec Jean-François, je ne sais pas, est-ce qu'il y a eu des services au préalable? [00:05:58] Speaker E: On a cherché un petit peu ici et là, mais c'est comme, j'en parlais tantôt, c'est un petit peu comme le soulier de Cendrillon. C'est des services, puis il n'y en a pas beaucoup qui font à la princesse. Puis souvent, ils disparaissent une fois qu'ils ont été essayés, quand ça fait. On a eu différents services, entre autres avec l'école. Il y avait un local... d'apaisement. Un local d'apaisement, puis il y avait un pédo... un éducateur... [00:06:30] Speaker D: Un TES. Un éducateur spécialisé. [00:06:32] Speaker E: Non, j'oublie tout le temps le mot pour ça. [00:06:34] Speaker D: Un psychoéducateur. [00:06:35] Speaker B: Oui. [00:06:35] Speaker E: Il y avait un psychoéducateur aussi, qu'on a eu les services. Dans le fond, cette personne-là était bien de confiance. Ma fille signifie qu'elle avait envie de se mutiler un soir. La police est débarquée chez nous à 3 heures du matin. On s'est retrouvés en pédopsychiatrie. [00:06:52] Speaker B: Ça fait que ce fut aussi soudain, là. [00:06:55] Speaker E: Les choses se sont déclarées soudainement, mais dans le fond, il n'y avait pas de grandes surprises à la situation. Je peux peut-être le dire aussi, les choses vont beaucoup mieux aujourd'hui. Pour les gens qui vivent des difficultés, ce n'est pas pour toujours. Il va faire soleil à un moment donné. [00:07:20] Speaker C: Ah oui, c'est bien sûr. [00:07:21] Speaker D: C'est vrai. [00:07:22] Speaker C: Parce qu'on le sait pas quand on arrive en pédopsychiatrie. Je sais pas, tu veux que je fasse du pouce? Oui, oui, oui. Parce que quand on arrive en pédopsychiatrie, on est souvent dans un sale état. Parce que, en tout cas dans mon cas, parce que ça fait des années qu'on galère à essayer de trouver qu'est-ce qui va pas. Bon, je dis «on». Dans notre cas, il y a eu une gradation des étapes. Donc, on a passé à travers différents services, puis à chaque fois, ça ne marchait pas, ça ne réglait pas, ça n'offrait pas des solutions qui réglaient le problème, qui permettaient à l'élégante de retourner en fonctionnement, parce qu'elle était en arrêt de fonctionnement. Elle n'était plus capable d'aller à l'école, elle n'était plus capable de se concentrer. Puis c'est ça, quand on est arrivé en pédopsychiatrie, on a vécu une série de déceptions parce qu'à chaque fois qu'on avait accès finalement à un service ou à un spécialiste, premièrement, il avait fallu un petit peu se battre pour avoir accès parce qu'il y a énormément de besoins actuellement, puis il n'y a pas un nombre illimité d'intervenants. Puis là, à chaque fois, on se disait, OK, là, on a trouvé quelque chose qui va fonctionner. Puis nous autres aussi, c'était un peu comme les souliers de la princesse. [00:08:48] Speaker E: Mais là, c'est un prince. [00:08:51] Speaker D: Non. C'est moi qui ai un prince, elle c'est une princesse. Ah, c'est vrai, c'est vrai. [00:08:55] Speaker C: Oui, il y en a eu des princes qui ont essayé d'essuyer. Puis, quand on trouvait, parfois quand on trouvait un bon intervenant, on finissait toujours par le perdre. Soit parce qu'il déménageait, il se faisait muter de service, ou bien carrément la personne, des raisons personnelles comme, tu sais, des arrêts de travail parce qu'eux-mêmes ont une vie parfois difficile. Donc c'était une série de déceptions. Puis quand on est arrivé en pédopsychiatrie, moi j'étais complètement épuisée par tout ça. Puis là j'essayais de convaincre ma fille [00:09:37] Speaker B: que Ça allait fonctionner, peut-être. [00:09:40] Speaker C: Encore. Puis là, ça fait plusieurs fois que je te l'ai dit, ça va être la bonne affaire. Puis là, à ce moment-là, de toute façon, ma fille, elle ne parlait plus. Elle était en mutisme presque constamment. [00:09:52] Speaker B: Ça fait que t'étais sa voix. Ça fait qu'il y a quand même un mélange un peu d'émotion là, c'est ce qu'on parle un petit peu, peut-être des fois c'est de la culpabilité qu'il va avoir vu. [00:10:02] Speaker D: T'as raison, mais tu sais, je pense que comme parent, il faut comprendre que chaque cheminement, chaque situation, elle est unique. Donc, on ne peut pas dire aujourd'hui, voici la recette, suivez ça, ça va bien aller, inquiétez-vous pas. Puis, tu sais, moi, je ne l'ai pas dit tantôt, mais tu sais, je travaille en santé mentale adulte. Ça fait que c'est sûr que pour moi, c'est ça, tu sais, ça a été un choc d'arriver là. Je connaissais plus le milieu que 99 des parents, ce qui nous a aidés. Mais c'est normal, tu sais, il faut que les parents comprennent que c'est normal d'être insécure, de ne pas savoir où est-ce qu'on s'en va, d'avoir un sentiment de perte de contrôle complètement. Tu laisses ton enfant là, puis là, tout à coup, t'as plus de pouvoir sur ce qui se passe. Fait que t'es tributaire de est-ce qu'il va y avoir des visites familiales, est-ce que ça va avoir bien été, ou on va les couper parce que ça va pas bien. Fait que tu as l'impression que t'as zéro pouvoir. C'est normal, ça fait partie du processus. Fait que oui, on délègue, puis là t'as l'école, t'as plein de choses en même temps, fait que t'as le travail, t'as les frères et sœurs que tu peux, faut pas mettre de côté non plus comme parents, parce que eux aussi sont souffrants dans la situation, ils l'ont vécu, ils l'ont ressenti. [00:11:16] Speaker B: – Je pense qu'il y a aussi vous, comme parents. [00:11:18] Speaker D: – Oui. [00:11:19] Speaker B: – Faut pas oublier. [00:11:19] Speaker D: – Faut pas oublier qu'on est une personne avant d'être un parent, on est un couple, pour certains, pas tout le monde, je veux pas, pour la majorité des gens. Fait que t'es une personne, t'es un couple, t'es un parent. Fait qu'il faut juste pas t'oublier là-dedans, puis comprendre que c'est normal des fois que tu sois perdu. Fait qu', une hospite, moi je parle d'hospite parce qu'on a eu juste l'hospitalisation en pédopsy, mais c'est confrontant, puis c'est épeurant des fois pour les parents de voir ce qui se passe, puis de pas savoir ce que les autres jeunes ont autour du tien aussi peut être confrontant. [00:11:50] Speaker B: L'influence des fois. [00:11:51] Speaker D: L'influence, la... la peur de dire, bon, bien, il va-tu être en sécurité? Est-ce que c'est correct? Qu'est-ce qui se passe? Fait que… [00:11:59] Speaker B: – Il y a beaucoup de choses qui se passent. – Exactement. – Beaucoup de questionnements. [00:12:02] Speaker D: – Oui. [00:12:03] Speaker B: – Beaucoup de… – Oui. [00:12:04] Speaker E: – C'est un pivot sur la responsabilité de parent que, soudainement, t'es plus responsable de ton enfant. On s'en occupe à ta place. Puis, tu passes, tu sais, par toutes les couleurs très, très, très rapidement. Fait que, tu sais, il y a comme un lâcher-prise qui doit arriver à un moment donné. Puis il y a beaucoup d'intervenants parce qu'il y a beaucoup de situations. Puis on essaie de trouver justement le fameux soulier qui va aller à Cendrillon. Pendant ce temps-là, c'est un process, puis il faut se laisser aller dans cette chose-là. [00:12:38] Speaker C: Puis toi, comment tu as vécu ça? Excuse-moi de t'interrompre, mais comment tu as vécu ça, laisser ton... Est-ce que... Parce que moi, je me sentais coupable parce que je vivais du soulagement parce qu'enfin, je pourrais dormir tranquille. [00:12:50] Speaker E: Bien, ma femme n'a pas vécu ça très bien. En fait, c'était très anxiogène pour elle. J'étais un peu en support pour toutes ces choses-là. Je dirais que j'ai temporisé beaucoup puis j'ai attendu le soir, la nuit pour réfléchir puis essayer de digérer ça lentement, pas vite. Puis on y pense longtemps après aussi. Ça s'est fait comme peut-être sur le rond en arrière du poil, si je peux me permettre. Puis tu sais, il y a du monde qui gère ça comme ça, il y a du monde que ça fait des émotions très vives, très fortes. [00:13:36] Speaker B: Sur le coup, d'autres c'est après. [00:13:38] Speaker E: Oui, c'est ça, il faut accepter ces choses-là. Ma fille vivait des choses aussi, puis là, j'étais impuissant de pouvoir l'aider avant l'hospital, pendant l'hospital aussi. Puis après, on nous prescrit une thérapie ou des choses comme ça. Encore une fois, j'étais impuissant à gérer ces affaires-là parce qu'on est pris en charge. [00:14:04] Speaker D: Si je peux me permettre de faire du pouce dessus, souvent quand on arrive devant les intervenants, parce qu'il y en a beaucoup d'intervenants, on peut être déstabilisé et perdre ce qu'on a à faire. C'est un des trucs comme parents que nous on avait. prendre le temps d'écrire ce qu'on a de besoin, nos questions, d'écrire nos inquiétudes. Fait que quand t'arrives devant le professionnel, que ce soit le psychiatre, l'ATS ou peu importe, bien au moins, des fois ils vont dire des choses qui, toi, te déstabilisent, là tu fais, attends une minute, j'ai quand même mes documents là, tu sais. Fait que des fois comme parent, c'est ça, c'est de prendre le temps de se déposer, puis de dire, bien j'écris ce que j'ai de besoin, puis peut-être que mes autres enfants, tu sais, moi je pense à ma fille qui était hyper présente pour mon garçon, Mais elle aussi, elle avait des questions. Elle aussi, elle se posait. «OK, on va les écrire, puis on va en jaser.» Ça peut être une façon pour un parent de prendre le temps de se déposer. Ça ne marche pas pour tout le monde, mais des fois, ça peut replacer un peu tes idées. Surtout pendant un moment hyper anxiogène comme ça. Moi, c'était ma façon de reprendre un peu le contrôle. [00:15:10] Speaker E: Mais c'est difficile aussi sur tous les aspects de la vie des parents. Comme parent, comme couple aussi. Puis, bien, tu sais, les changements sont très subis. C'est comme tu n'as pas fait encore ta propre idée sur ce qui se passe, qu'il faut aussi que tu en discutes avec ton conjoint qui ne voit peut-être pas... [00:15:33] Speaker B: La situation pareille, oui. [00:15:35] Speaker E: Exactement. C'est des moments particuliers à passer. Je dirais qu'après un certain temps, en fait, la famille s'en sort plus forte. [00:15:50] Speaker B: C'est intéressant. [00:15:52] Speaker C: Nous, on est une famille reconstituée, donc c'est le beau-père de ma fille avec qui elle vit et qui est mon conjoint. Je l'avoue, j'ai tout tassé. Ma fille avait vraiment des idées suicidaires et le risque était élevé. Elle avait fait des plans dans sa tête. Tout a pris le bord. Mon conjoint, je pense qu'il ne m'a pas pris dans ses bras pendant deux mois parce que je ne me laissais pas faire, je ne baissais jamais mes gardes. J'étais en hyper-vigilance tout le temps. Ça a été extrêmement difficile pour moi de laisser Lily en pédopsychiatrie. J'étais le genre de maman qui se disait À tort probablement. Tant qu'elle n'est pas sortie du bois, il faut que je vive toute avec elle. Il faut que je sois à ses côtés. Aussi parce que je me sentais coupable. Après coup, tu vois tout ce que j'avais fait qui n'était pas idéal. Puis je travaillais en même temps aussi. Moi, je me suis complètement brûlée. [00:17:04] Speaker B: C'est ça, une hospitalisation, c'est intensif. [00:17:07] Speaker C: Il faut faire de la place. Il faut faire de la place et il faut se laisser le droit de le vivre. Il y a toutes sortes de réactions. Des fois, le travail m'aidait parce que j'y pensais moins, mais ce n'était pas sain non plus. [00:17:23] Speaker E: Pour moi, le travail, ça a été un encre qui me permet de focaliser sur quelque chose d'autre puis de passer au travers de la journée pour avancer. Le travail m'a accompagné, en fait, Moi, pour moi, je n'ai pas vraiment pris de congé en dehors des moments où, évidemment, on avait du personnel à rencontrer, mais j'avais besoin de cet espace-là pour focaliser sur quelque chose le temps que ça passe. [00:17:56] Speaker C: Oui, puis je comprends ça aussi. [00:17:58] Speaker E: Je pense que dans le fond, c'est un peu le choix de chaque personne. [00:18:03] Speaker C: Mais toi, ça ne t'a pas épuisé de faire ça. Ça te ressourçait en quelque part ou ça te permettait de survivre, si je comprends bien. [00:18:08] Speaker B: De changer les idées. [00:18:10] Speaker E: Oui, l'effort que tu vas mettre au travail, évidemment, tu n'auras pas un travail de la même qualité. Mais le fait d'être là, si c'est possible de le faire, qu'on te permette d'y être, que le métier le permette, ça peut être une option. C'est un outil aussi. dans la gestion de ton stress. [00:18:31] Speaker C: C'est ça, on disait qu'il n'y a pas de cas typique. [00:18:34] Speaker D: Non, il n'y en a pas. [00:18:34] Speaker A: Pas du tout. [00:18:35] Speaker B: Il n'y a pas une situation pareille. [00:18:37] Speaker D: Puis Audrey, si je te relance la barre, parce que c'est comme intervenante, où est-ce que toi tu reçois les parents. Fait que toi tu les vois au vif de leur émotion. Y a-tu des choses que tu dirais, ça c'est important que les parents sachent quand ils arrivent, un message peut-être à leur donner, Je dirais que c'est vraiment [00:18:57] Speaker B: un parcours où il faut beaucoup d'adaptation. Il faut être prêt, des fois, à de l'imprévisibilité, à des rendez-vous, des fois, de dernière minute. Ça peut être confrontant au niveau de, tu sais, des fois, de se dévoiler comme parent, parce que c'est ça, c'est comme l'adolescent, il arrive, mais en même temps, il amène toute la famille, il amène... Fait que vous passez aussi comme parent, là, on ne veut pas... dans le processus, dans le temps d'or. Je pense que c'est ça. Je pense qu'il faut accueillir, ça a l'air typique, ça a l''air un peu cucu de dire ça, mais il faut accueillire comment vous vous sentez. Vous allez avoir plein d'émotions. Il n'y a pas une bonne façon, il n'y a pas une famille, je ne sais pas, il n' y a pas une famille. C'est ça. [00:19:56] Speaker C: Un séjour en psychiatrie, c'est comme un gros morceau de l'investigation que tu fais quand tu découvres que ton enfant a un problème sérieux. Puis moi, je le vois comme ça aujourd'hui, mais à cette époque-là, je n'avais pas compris que c'était un processus avec plein d'étapes. À chaque étape, je pensais que c'était le fil d'arrivée. Non, non, non, c'est un méga processus, mais qui va te permettre, à travers toutes sortes d'obstacles aussi, de comprendre ce qui se passe, parce que ce n'est pas évident, puis de trouver les outils. Ça peut être hyper décourageant parce qu'on vit des échecs à travers ça. L'enfant souffre aussi à travers ça. Mais on s'en parlait avant l'enregistrement, ici, nos trois enfants qui ont été en pédopsychiatrie vont mieux aujourd'hui. Puis on les comprend mieux aujourd'hui aussi. Donc, c'est pas pour rien. Quand tu arrives en pédopsychiatrie, des fois, tu penses que tu as tout essayé, puis il n'y a rien qui a marché. Puis pourquoi ça, ça marcherait? Non, non, nous autres, ça a vraiment été un turning point, la pédopsychiatrie. C'est là que les jeunes ont compris des choses. [00:21:07] Speaker B: Des fois, ça prend ça. Ça prend vraiment comme une espèce d'arrêt. [00:21:11] Speaker D: Un arrêt d'achat. [00:21:12] Speaker B: De sortir l'enfant du milieu, puis de le voir fonctionner. C'est vraiment, nous, on n'a quand même pas des yeux 24 heures sur 24 sur vos enfants. Ça permet de voir leur fonctionnement. Ça permet de... Tu sais, il y a plein, plein, plein d'aspects qu'en travail à l'externe, ils n'ont pas. Ça fait que souvent, ça va être un peu la dernière option. Des fois, c'est la seule option quand ça arrive de façon subite un peu. Mais c'est vraiment comme... C'est intensif. Ça fait qu'on voit vraiment... Ça nous aide à mieux comprendre. On est une grosse équipe. Fait que c'est sûr que comme parent, c'est déstabilisant. Il vous manque quelqu'un à la maison, mais en même temps, des fois, c'est ça que ça prend pour peut-être avoir un regard extérieur. Nous, on n'a pas l'aspect émotionnel, fait que ça aussi, ça l'aide à voir. Des fois, quand on est collé, problème, on voit moins, on va moins bien. [00:22:13] Speaker C: Mais on ne sait pas quoi faire d'autre, ça fait qu'on reste là. Puis c'est ça en pédopsychiatrie aussi, il y a des droits de visite. Les parents, on va visiter les enfants. Puis là, on parlait qu'on entend toutes sortes de choses de nos enfants, des fois sur nous-mêmes, sur leur perspective, mais aussi sur comment ils sont traités là. Puis Audrey, c'est ça que tu disais, quelque chose de super intéressant sur le fait qu'il y a des méthodes qui peuvent sembler brusques, qui peuvent nous être apportées par nos enfants, puis c'est bon comme parent de poser des questions aux intervenants en place pour les comprendre, pour ne pas avoir l'impression qu'ils sont maltraités ou que ça n'a pas... parce que ça a des objectifs. [00:22:54] Speaker B: Oui, toujours, toujours. C'est ça, je donnais un exemple. Des fois, il y a des protocoles super stricts. Des fois, vous êtes le levier. Ça peut paraître spécial à entendre, mais des fois, les visites des parents, c'est ce qui va motiver le jeune à plus travailler et à prendre vraiment la démarche plus au sérieux. Des fois, nous, on peut être les méchants. On peut porter ça parce que nous, on est de courte durée dans nos vies. Si votre ado est fâché contre nous, pour nous, c'est plus bénéfique. Des fois, ça permet si on enlève des privilèges comme des sorties. C'est l'exemple de remettre en jaquette. C'était quand même important à préciser que souvent quand on craint pour la vie d'un enfant, il va être en jaquette, ça fait que sur l'unité, ça peut être vraiment déstabilisant. [00:23:57] Speaker C: Ça peut avoir l'air dégradant pour un parent qui visite, mais ça fait partie du processus. [00:24:03] Speaker B: Si un jeune, exemple, qui va pendant l'hospitalisation, il n'y a rien de magique, mais il peut avoir des soucis d'air, nous, on va être cohérent. On va être cohérent. Si la personne a dit qu'elle va se mettre en danger, si elle sort, elle va se tuer ou par exemple, on va mettre un protocole. Des fois, c'est ça de l'extérieur. Des fois, comme parent, mon Dieu, qu'est-ce qui se passe? Comment ça qu'il est en jaquette? Comment ça qu il est mis dans un couloir? Plus isolé, comment ça? Nous, c'est ça ce qu'on... C'est ce qu'on essaie avec les parents, c'est qu'on travaille en équipe finalement. Si vous avez des questions pour nous, nous autres, c'est primordial. Notre souhait, ce n'est pas de travailler contre vous ou contre le jeune, c'est de travailler... [00:24:48] Speaker C: Tu peux raconter ton exemple. [00:24:49] Speaker D: Effectivement, je suis d'accord, parce que nous, on le voyait, mon garçon, il ne parlait pas du tout. Puis, il ne voulait rien avancer, il ne voulait pas s'impliquer. Pour lui, il n'y avait rien à faire là. Mais il est très près de sa sœur, encore aujourd'hui, ils sont très près l'un de l'autre. Elle était là à toutes les visites, elle était là continuellement. Et la pédopsychie a été dire à mon fils, à un moment donné, pendant une rencontre familiale, écoute, je pense que ta sœur a pali pour toi. Donc je pense enlever les visites. Ce fut un moment assez charnière dans son hospitalisation. Il s'est mis à réagir, vraiment à sortir ses émotions, puis elle les a pas coupées là. Mais oui, il l'envoyait, oui, effectivement. C'était très coloré comme message. Et chose qu'il ne fait pas d'habitude. Et puis, ça l'a permis d'avancer par la suite. Ça fait que oui, sa soeur, elle a continué à venir aux visites. C'était correct. Mais c'est ça qui a été un peu un déclencheur dans sa façon de sortir ses émotions. Effectivement, comme on dit aux parents, ne faites pas ça s'ils enlèvent tous les cordons et que les pantalons ne tiennent pas. C'est normal aussi. On demande de couper les cordons. De grâce, n'arrivez pas avec un sac avec des lanières dessus. [00:26:10] Speaker B: On va inspecter. Si ça vous amène sur l'unité, il ne peut pas. C'est super rigide. [00:26:15] Speaker D: Les cellulaires, la même chose. On se dit comme parents, à ce temps-là, c'est tellement facile de dire, je vais texter mon enfant, je vais savoir ce qui se passe. Non, il n'y en a pas de cellulaire. En tout cas, il n'en avait pas sur l'unité de soins. Donc là, tu t'écoutes, tu te dis, mon Dieu, si je vais y parler, il faut que j'y parle au téléphone à un certain moment précis. [00:26:31] Speaker B: Entre telle heure et telle heure. [00:26:32] Speaker D: Ça aussi, pour les parents, c'est une adaptation. Ça ne veut pas dire que tu es disponible à ce moment-là précis si tu travailles. C'est toutes ces choses-là, ce qui amène, je pense, à vivre différentes émotions aussi aux parents, que ce soit de l'inquiétude, de l'insécurité. Je pense que c'est ça qui va... [00:26:53] Speaker E: L'hospitalisation, ce n'est pas le club med non plus. [00:26:56] Speaker D: Non, on le dit. [00:26:58] Speaker E: On ne souhaite pas que les enfants se sentent sécurisés par l'endroit au point de vouloir y rester. Il y a comme un inconfort qui est créé dans la démarche. C'est peut-être un peu troublant pour les parents de voir à quel point Il y a une amélioration habituellement assez rapide de la jaquette vers l'habillement, vers d'autres étapes. Mais après ça, il vient des tâches de travail sur soi, de remplir des rapports qui donnent l'effet d'une dignité ou d'une espèce de travail inutile pour les enfants. Notre fille nous en a parlé souvent. En tout cas, elle n'a pas du tout apprécié. [00:27:42] Speaker B: – L'autothérapie. [00:27:44] Speaker E: – Oui. Elle n'a pas aimé ça. [00:27:47] Speaker C: Je n'en connais pas qui font «Ouais, l'autothérapie!» Ma fille, avant de rentrer en pédopsychiatrie, elle avait énormément souffert. Elle était au PEI, là, tu sais, en secondaire 1, elle a commencé, puis elle a tout perdu. C'est son habileté à se concentrer, donc elle n'était plus au PEI après. Tu sais, là, ça a été comme une descente aux enfers. Puis là, quand on arrive en pédopsychiatrie, Là, je comprends aujourd'hui le métier. Il faut faire sortir l'enfant de sa coquille, surtout quand il ne s'exprime pas. Moi, ça faisait comme des mois, sinon des années, que je travaillais pour diminuer ses souffrances. Puis là, du jour au lendemain, je l'amène en pédopsychiatrie, puis là, vous la faites, vous provoquez des souffrances, vous la fâchez. Elle est épuisée et vous lui demandez de faire plein d'affaires pendant la journée. [00:28:49] Speaker B: Absolument. [00:28:49] Speaker C: Quand je vois la voir, elle, elle fait juste se plaindre de tout ça, puis elle dit «Maman, c'est l'enfer, je comprends pas». [00:28:56] Speaker B: Puis comme parent, J'avais l'impression [00:29:05] Speaker C: des fois de la laisser en prison. Il faut vraiment trouver des intervenants qui peuvent répondre à nos questions et nous expliquer le processus. Tout ça a provoqué des prises de décisions chez ma fille qui ne seraient pas arrivées sans la pédopsychiatrie parce que je la couvrais de sécurité. Je compensais pour elle. Puis il fallait que je le fasse. C'était ma job de parent. Il ne fallait pas qu'elle se suicide. On était en mode survie. Puis je n'avais pas un environnement sécuritaire, comme en pédopsychiatrie, pour faire ce qu'il fallait que ce soit fait pour... Mais sur le coup, tu ne comprends pas ça, puis tu te sens tellement mal comme ça. [00:29:52] Speaker B: Ça peut être contre-productif, comme dans le fond, c'est ça, de mettre l'enfant plus dans la détresse. Pour les parents, ça peut être comme vraiment perçu... négativement de comment ça se fait que vous abordez vraiment, c'est ça, vous faites de l'autothérapie, puis là, comment ça se fait qu'il y a de l'attente, des fois, ou comment, t'sais, fait qu'il a un côté où, c'est ça, qu'il y ait de l'inconfort, t'sais. Les jeunes, finalement, ils en ont plein de capacités, fait que c'est ça. [00:30:24] Speaker C: C'est ça, vous les remettez en contact avec leurs capacités. [00:30:27] Speaker B: Oui. [00:30:28] Speaker C: Alors que nous, on pense qu'ils en ont pu, qui sont en survie, ça fait qu'on compense pour leur capacité manquante, entre guillemets, mais non, rien non. C'est un méchant cheminement pour les parents. [00:30:42] Speaker E: On n'est pas formés comme parents pour faire face aux situations qu'on passe. On est confrontés à cette différence-là quand on voit comment ça se passe en hospitalisation ou avec les professionnels qui interviennent et de quelle façon qu'ils le font. [00:31:00] Speaker D: Effectivement. [00:31:02] Speaker B: Ça peut donner un autre point de vue. Mais c'est difficile d'entendre comme parent, comme tu disais, que ton enfant se plaint le soir en visite. Ça peut être difficile de... Comment je fais en même temps pour laisser mon enfant là, mais en même temps, je dors mieux parce que je sais qu'il est en sécurité. Soyez rassuré comme parent. C'est épuisant. C'est quand il y a des idées soudaires, quand il y a de l'anxiété. Comme parent, vous vous tenez à bout de bras vraiment, vraiment, vraiment beaucoup. Je sais que c'est difficile à croire quand on vous dit qu'on en prend soin de votre enfant. C'est ça, on a à cœur, si on travaille avec les adolescents, souvent on dit qu'on est un peu team adolescent, mais c'est sûr qu'il y a toujours comme le côté parent, puis c'est vraiment important que vous aussi Les deux, c'est ça, il y a un bout où oui, comme parent, il faut accompagner son enfant à tout ça, mais en même temps, il faut un parent qui est en santé puis un parent qui sollicite. [00:32:18] Speaker D: – Qui va lâcher prise sur certaines choses aussi. Je pense que c'est un peu ça, les défis ou les émotions que les parents vont vivre. Oui, on parlait tantôt au début, quand on a commencé la capsule, de dire, bon, le choc, l'incompréhension, on ne sait pas où on s'en va, la culpabilité, mais aussi la perte de contrôle. Mais il faut aussi accepter, comme parents, qu'on n'a pas la science infuse, puis que nos enfants ont une vision qu'on n''a pas nécessairement, puis que leur vision impacte leur santé. Donc, comme parents, c'est sûr que c'est... c'est confrontant quand t'arrives à une rencontre familiale, puis que, là, tout à coup, l'enfant à côté de toi dit, ben oui, moi, c'est ça, mes parents, dans le fond, ils font A, B, C, D, E, puis t'es là, OK, attends une minute, puis là, le pédopsychiatre ou la travailleuse sociale, c'est, nous challenge, puis nous challenge, puis là, ben OK, est-ce que peut-être que vous vivez ça comme ça? Faites-vous telle affaire comme parent? Puis toi, dans ta tête, ben, tu sais, tu faisais de ton mieux, ton 100 %, puis tu te dis, OK, ben, attends une minute. Mes comportements ont aussi un impact sur mon enfant. Fait que ça, il faut le comprendre comme parent que ça va arriver. Puis que oui, ça se peut que vous, peut-être pas tous, mais ça se peut que vous sortiez en pleurant d'une rencontre familiale. Puis c'est correct. Tant que vous avez un support autour, puis il ne faut pas oublier notre support. Nos amis. notre famille, tu sais, nos frères, nos sœurs, tu sais, il faut... – Programme [00:33:47] Speaker B: d'aide aux employés, des fois. [00:33:48] Speaker D: – Oui, le PAE, le programme d'aide. Il faut s'entourer comme parents parce qu'on a tendance à focusser sur notre enfant, puis c'est normal. Je veux dire, c'est pas quelque chose d'habituel de dire, je laisse mon enfant sur une unité d'hospitalisation ou pédopsychie. Mais il y a un après, puis il y a un maintenant. Puis le maintenant, c'est pas juste notre enfant. C'est aussi les frères, les sœurs, c'est le conjoint, c'est les amis, qui sont toutes inquiètes. Moi, t'sais, j'avais les amis de mon fils, là. On était en communication avec les amis de mon fils, t'sais. Ils pouvaient pas venir le voir. Bon, ils l'ont vu le temps qu'il était en pédiatrie, en attente de pédoxie. Mais à partir du moment qu'il est en pédopsie, il ne pouvait plus venir le visiter. Les lettres et tout ça passaient par nous. Ça aussi, c'est important comme parent de comprendre qu'il ne faut pas juste s'immerger, mais que c'est normal qu'on soit fatigué et que c'est normal qu'on ne sache pas où donner de la tête à un moment donné. C'est beaucoup. [00:34:46] Speaker E: Comme parents, on vit aussi de la confusion quand on fait face, dans le fond, à différents diagnostics par les différents corps professionnels impliqués. Ça peut être déroutant. Dans le fond, c'est qu'il n'y a pas juste une vérité, il peut en avoir plusieurs. Il faut rester ouvert, comprendre ces choses-là, puis peut-être même aider à naviguer vers la solution qui est porteuse pour la famille. Fait qu'on a quand même un apport en tant que parent à jouer là-dessus. Puis ça se passe pas seulement pendant les jours de l'hospitalisation, mais c'est après, avec les psychologues, la DPJ peut être impliquée, sinon le CLSC aussi. Il peut y avoir une thérapie aussi qui est proposée. Dans toutes ces étapes-là, il y a du jugement de parents à avoir sur qu'est-ce qui colle le mieux à la famille, comment ça fonctionne, qu'est- ce qu'on fait avec quoi. Ça se peut qu'on aille rectifier le tir aussi. Puis des fois, il y a des vérités qui font mal là-dedans. [00:36:00] Speaker C: Ils font mal, mais ils ont des bénéfices. En tout cas, certains bénéfices. Dans le sens où moi, quand Lily a été en pédiatrie, c'est là que j'ai découvert sa perception des choses. Entre autres parce qu'elle ne parlait plus avant. Mais aussi, j'ai découvert que ma perception de sa problématique ou de ses problèmes était différente de la sienne. Puis là, je reviens à l'investigation. Ça, ça l'a nourri. Ça m'a mieux outillée pour savoir comment l'aider quand elle est sortie de pédopsychiatrie. Puis ça peut être culpabilisant de s'apercevoir qu'on comprenait mal, malgré tous nos efforts, notre enfant. Mais parfois, à des gens qui ne connaissent pas, c'est là que la vérité sans émotions va sortir, la vérité crue. Ça fait que ça peut être une occasion d'apprendre des choses importantes pour le futur. [00:36:58] Speaker E: C'est aussi une occasion d'aller à la rencontre de son enfant. [00:37:04] Speaker C: Oui, c'est ça. Tu l'as bien dit. [00:37:05] Speaker E: Ben oui. On voit les choses, on voit notre point de vue, il y a le point de vue de notre enfant, puis c'est ces deux visions-là qui doivent être conjuguées ensemble. Il y avait un terme pour ça? [00:37:19] Speaker D: Moi, je rajouterais pas juste nos deux visions, mais quand il y a des frères et sœurs, c'est aussi leur vision de la fratrie. Puis parce que des fois, ça va différer de la nôtre aussi. Fait que là, moi, je me souviens, en rencontre familiale, mon fils avait sa vision, ma fille en avait. Puis nous autres, on était là, OK, où est le juste milieu là-dedans? Où est-ce qu'on se retrouve dans le juste milieu? Puis il faut aussi accepter des fois que, ben, tu sais, après, comme moi, il n'a pas eu de service après parce qu'il a refusé. Ça aussi, c'est un cheminement de dire, OK, mais on s'en va vers quoi? Ça ne veut pas dire qu'il va y avoir des services qui sont offerts, mais tu ne les veux pas. C'est quoi l'impact? Qu'est-ce que ça a? Ça fait que c'est aussi, comme parent, tu veux toujours le meilleur pour ton enfant. Tu te dis, mais voyons! Bon, c'est correct parce que ça a bien été, mais c'est quand même confrontant comme parent de dire, Je ne peux pas décider pour lui. Il est assez vieux. Il a le fameux 14 ans, effectivement. [00:38:14] Speaker C: Puis l'âge s'est pris. [00:38:15] Speaker D: Oui. Puis de dire, s'il y a de quoi, je vais être là aux besoins, sache-le. [00:38:21] Speaker C: Oui, c'est ça. Puis il faut apprendre que ce n'est pas tant dans la quantité qu'on aide le mieux nos enfants. Moi, j'ai... Je me faisais reprocher par son papa biologique qu'on était comme des siamoises. Puis aussi par les intervenants, je me faisais reprocher que je parlais pour elles. Puis je pense que dans une certaine période, c'était nécessaire. [00:38:47] Speaker B: À défaut, par exemple? [00:38:48] Speaker C: C'est ça. Et justement, pour comprendre ce qui se passait, obtenir des services, avoir accès à des professionnels pour nous aider. Mais c'est difficile de débarquer de ce mode-là. Ce n'est pas parce que tu aides beaucoup ton enfant que tu l'aides bien. Ça, j'ai appris ça. J'ai appris que certains de mes les actions d'aide pouvaient à la limite nuire à une certaine époque, puis comment ajuster ça, puis que ça va être graduel. Fait que là, moi, il fallait que je me permette aussi comme parent de ne pas être parfaite du jour au lendemain. d'avoir comme une période d'adaptation. [00:39:27] Speaker B: Oui, tout le monde est en apprentissage, finalement. C'est vraiment un peu la psychiatrie. Ce qu'on dit souvent, c'est que ça va être un peu du essai-erreur, parce que oui, il y a le bout où ils sont à l'hôpital, mais graduellement, ce qu'ils apprennent justement dans les super autothérapies, le souhait, c'est qu'ils puissent le mettre en pratique. Fait que la théorie, puis là, vous aussi comme parents, vous faites partie de ce processus-là parce que, bien... [00:39:57] Speaker C: On peut perpétuer le problème si on ne change pas notre comportement. [00:40:01] Speaker B: Oui, parfait. [00:40:02] Speaker D: Puis ils ont une personnalité en développement aussi, nos enfants. Ils sont en apprentissage aussi, leur personnalité se développe. Fait que des fois, on dit, ils ont des traits d'eux. On donne des diagnostics. limite en disant, ça s'en va vers, mais sachez que... Fait que là, c'est une transition vers l'adulte peut-être, mais tu sais, ça aussi, des fois, on est dans le gris. C'est pas toujours évident où on va s'en aller. Fait que pour le parent de penser, ah, je l'amène en pédopsie, bon, ça va être réglé, bien, non, tu sais, c'est en constante évolution. Il y a des diagnostics qui sont clairs. C'est un amorce souvent. [00:40:37] Speaker B: C'est un amorce. [00:40:38] Speaker C: Ça, j'aurais aimé que ça nous soit expliqué. [00:40:42] Speaker D: C'est un processus. [00:40:44] Speaker C: Puis expliquez de façon pas décourageante. Non, c'est pas fini, t'en as encore pour des années, ma grande. Puis là, je parle de moi. Mais en fait, c'est ça, il faut le comprendre qu'il n'y a pas de solution miracle, mais que ça vaut la peine. Puis oui, vous allez vous en sortir si vous lâchez pas. [00:41:02] Speaker E: Fait que maintenant, on est des parents parfaits. [00:41:04] Speaker D: Ah oui, c'est sûr. T'as-tu dit ça? Oh my God. Faudrait demander à nos enfants. [00:41:08] Speaker E: Non, t'as pas dit ça. [00:41:10] Speaker D: Demandons à nos enfants ce qu'ils en pensent. [00:41:12] Speaker E: Mais non, mais même après le processus où tout ça, on est sur notre cheminement. [00:41:17] Speaker C: Oui, mais en fait, moi, ce que je dis, c'est que j'aimerais, j'aurais aimé savoir à l'époque ce que je sais aujourd'hui. Puis j'aurais été pas parfaite, mais pas mal meilleure, c'est ça. [00:41:27] Speaker B: Mais reste que quand même aussi, je veux que vous soyez aussi doux envers vous-même. Parce que reste qu'on n'en parlait pas autant de la santé mentale avant. On n'en parlait pas de valider les émotions et des trucs comme ça. Nous, ce qu'on nous demande souvent, c'est d'être curieux comme parents, soeurs aussi. le bagage, comment vous aussi vous avez été élevés, puis l'éducation, puis tout ça, parce que ça fait que vous êtes comme parents finalement. Puis là, c'est sûr que la science, elle avance, puis là, c'est confrontant, parce que des fois, les jeunes sont super à l'affût. Ils sont ouverts, il y a plein de... au niveau de l'identité, au niveau du genre, tout ça. Je pense qu'il faut aussi vous donner une tape dans le dos, puis que vous faites du mieux avec ce que vous avez, puis vous ne pouvez pas tout savoir. Il va y avoir d'autres erreurs, mais c'est un processus. C'est un travail d'équipe. Moi, j'aime ça quand ce n'est pas juste sur le dos, par exemple, du parent ou juste sur le dos de l'enfant. Vous ne pouvez pas lire dans la tête des enfants. Ils ont besoin. [00:42:40] Speaker C: Je ne sais pas, Audrey, si tu aurais des conseils à donner sur l'espèce de... Parce que, mettons, quand ton enfant vit quelque chose comme une hospitalisation, souvent, il faut que tu en parles à ton employeur. Puis, il n'y a rien de reluisant à dévoiler à tes collègues ou à ton employeur, mon enfant a des problèmes psychiatriques, il est en pédopsychiatrie. C'est... Difficile à expliquer, mais il y a comme un stigma. Puis, tous les parents, on est comme, on ressent comme une honte par rapport à ça, alors qu'on n'a rien fait de mal. Mais on est comme honteux, comme si on avait fait quelque chose de mal. [00:43:22] Speaker E: Une honte ou une gêne? [00:43:24] Speaker C: Les deux. Mais dans certains cas, moi, Tu sais, quand t'as des collègues de travail, puis à un moment donné, ben, tu sais, t'es pas toute là au travail, comme tu disais, là, t'es pas full concentré, puis ils te demandent pourquoi. c'était... Tu dis tu la vérité. Si tu la dis... [00:43:41] Speaker B: Comment ça va être reçu ou... Ben [00:43:42] Speaker C: en fait, c'est clair que ça change la perception que les gens ont de toi. Il y a des gens qui jugent. Ah, sa fille... Tu sais, qu'ils ne savent pas, en fait. Parce que moi, j'ai toujours pensé que ma fille était, entre guillemets, normale. Puis ça a été un deuil pour moi de m'apercevoir... Puis je ne savais même pas c'était quoi la normalité, là. Mais c'était pas se retrouver à l'hôpital. Ça, c'était normal, tu sais. Puis ce n'est pas valorisant l'idée de ça, que tu es un parent d'un... Puis même encore aujourd'hui, quand je parle de ça à des gens que je rencontre pour la première fois, mais en fait, je ne leur parle pas de ça, bang là, mais des nouvelles personnes dans ma vie, à chaque fois, j'ai peur qu'il y ait un voile qui change leur façon de me regarder. Puis je ne sais pas si tu as des conseils par rapport à ça. [00:44:31] Speaker B: Bien, c'est sûr que, tu sais, nous autres, on fait souvent le parallèle, puis encore là, c'est la théorie, mais on fait souvent le parallèle que s'il y avait un diabète, s'il devait être hospitalisé pour une jambe cassée, on n'en poserait pas de questions. Mais c'est sûr que oui, dans la société de performance, il y a quand même, il peut y avoir, tu sais, ça reste le tabou. Puis là, c'est sûr que tout au niveau de l'immigration, au niveau culturel, ça, j'en pense, là, c'était encore... Il y a encore beaucoup de chemin à faire. Mais pour vous rassurer, on a vu, il y a des parents qui sont des médecins. Il y en a qui sont des... Il n'y a pas... Je ne sais pas comment dire. [00:45:16] Speaker C: Il n'y pas un co-type. [00:45:17] Speaker B: Non, c'est ça. Ça peut être quelqu'un qui peut être sur l'aide sociale ou qui peut... Il y a de tout, là. Il y a de tout. Dans le sens où... Je pense que... Comme parent, en tout cas, c'est ça qu'on dit, c'est qu'il n'y a pas de... Vous ne vous ramassez pas en psychiatrie parce que c'est... Vous êtes des psychopathes et vous voulez comme du mal à votre enfant ou quoi que ce soit. [00:45:44] Speaker C: Ou qu'on avait quelque chose de pas correct. [00:45:46] Speaker B: C'est ça. Puis après, il y a tout un niveau de comment la personne va le recevoir. Il y a du monde qui va dire... Mon enfant est hospitalisé, point. Il y en a qui ne vont pas développer. Là, c'est sûr qu'aujourd'hui, on a une plateforme et on en parle. Je trouve ça super sain parce que c'est aussi le retour à l'école. Est-ce qu'on en parle justement aux amis et tout ça? [00:46:14] Speaker C: En avez-vous vécu de la honte ou de la faim? [00:46:17] Speaker D: C'est sûr que moi, je travaille en santé mentale. [00:46:20] Speaker C: C'est sûr que quoi? [00:46:21] Speaker D: C'est sûr que c'est un peu plus ouvert comme discussion parce que, tu sais, c'est quelque chose qu'on vit là-dedans, les unités de soins adultes, tout ça. Par contre, moi, c'est le message. Puis pour moi, j'ai calqué un petit peu ce que mon garçon voulait. Donc lui, certaines personnes dans la famille sont au courant, d'autres non. Dans les amis, c'était la même chose. Il y a des amis qui savent, l'école, il y en a qui ne savaient pas. Mais par contre, je me dis, plus on en parle... Parce que je n'ai pas à avoir honte ou à être... [00:46:54] Speaker C: C'est de la sorte. Mais ça, c'est au niveau rationnel. [00:46:56] Speaker D: Non, non, je sais. Mais même moi, je me disais, je n'ai pas à avoir honte de ça. C'est un moment dans sa vie qui est difficile. Puis si toi, en avant de moi, ta façon de réagir est négative, bien reste donc avec, c'est parce que tu n'as pas d'affaires à être autour de moi. Clairement, si tu n'es pas capable d'accueillir ce que je vis, bien tu ne mérites pas que je prenne du temps pour toi. Pour moi, c'est comme ça. Puis à force d'en parler, à force de le dire, bien ça devient une normalité. Puis c'est ça qu'on souhaite, parce que c'est vrai, tu as raison, moi j'ai toujours dit, s'il s'était cassé une jambe, parce qu'on faisait une blague, il a eu un appendicite, j'en entends-tu parler? Non. [00:47:34] Speaker C: Ça, ça me fâchait parce que je me disais, si elle avait un bras cassé, elle aurait plein de sympathie, d'empathie, les gens voudraient signer son plaque. Là, parce qu'elle est en psychiatrie, c'est comme... [00:47:47] Speaker B: L'inconnu peut faire peur. C'est ça. [00:47:52] Speaker C: Moi, j'ai vécu la colère aussi par rapport à ça. [00:47:55] Speaker E: C'est normal que les gens ne veulent pas trop en parler parce que ça cause de la gêne chez les gens qui en sont atteints. C'est pas tout le monde qui a envie d'en parler. Fait qu'il y a comme une espèce de limite ou une forme de tabou, puis on n'engage pas la conversation. Fait que c'est soit que les gens nous ignorent ou soit qu'ils nous respectent. Pour ma part, mon milieu de travail, le jeu vidéo, c'est un milieu qui est dynamique. Ça fait 30 ans que j'y travaille. Au début, on ne parlait pas de ça, la maladie mentale. On était indestructibles et on faisait des jeux vidéo. [00:48:40] Speaker D: Tu avais plusieurs vies de toute façon. [00:48:42] Speaker E: Oui, c'est ça. En fait, aujourd'hui, je dirais, si la bâtisse est en feu en face, la bâtisse est en feu, tu le dis, c'est tout. C'est ça qui est ça. Personnellement, pour être passé dans le processus, je n'avais pas d'énergie ou de capacité à pouvoir mettre des protections ou expliciter des choses. Fait que pas de masking. Moi, pour moi, la réalité, elle est telle et ça appartient aux gens de gérer qu'est-ce qu'il y a à faire avec ça. [00:49:21] Speaker C: Leur propre réaction. Mais à partir du moment où on sait que c'est encore un peu tabou, est-ce qu'on a... vous sentez-vous la responsabilité d'en parler justement pour contribuer à diminuer le tabou? Moi, oui, puis je ne sais même pas pourquoi. [00:49:36] Speaker E: Moi, je ne ferai pas de... Je ne prendrai pas... Je ne protégerai pas personne, ni moi, par rapport à ça. Je vais juste simplement dire la réalité telle qu'elle est. Puis c'est aux gens de s'adapter. En quelque part, c'est mon... C'est un effort un peu conscient, même si je n'ai pas l'énergie de faire autrement. C'est quand même un effort de donner mon... Je donne l'exemple en faisant ça. [00:50:04] Speaker C: Tu ferais-tu la même chose si tu étais une personnalité publique? [00:50:08] Speaker E: Je pense que oui. [00:50:10] Speaker C: Très bien. [00:50:11] Speaker D: Tu sais, moi c'est ça, je suis d'accord avec toi. Je m'en venais ici aujourd'hui pour l'enregistrement, puis au travail, mon ami me dit «Ah, je pars un peu plus tôt. Puis là, tu vas faire quoi?» Puis là, je parle du projet Trampoline. Puis, on me dit, ah oui, c'est quoi? Bien, là, j'explique que c'était suite à une hospitalisation, un retour à l'école. Elle dit, ah oui? Mais comment ça? Bien, c'est parce que mon garçon a été hospitalisé en pédopsy. Ah oui? Bien oui, puis on a passé par là. [00:50:38] Speaker B: C'est pas écrit dans le visage. [00:50:39] Speaker D: Fait que t'sais, c'était comme... J'explique pourquoi je suis là, puis c'est comme ça. J'irai pas d'en parler d'emblée aux gens si on n'est pas là-dessus, mais par contre, je m'en cacherai pas. Mais comme je dis, il y a des gens que mon fils veut pas nécessairement, fait que c'est correct, là, on respecte ça, ça lui appartient. Mais moi, au travail, je le cacherais pas. Puis, c'est ça que je trouve important, c'est que pour les parents, ils sentent pas cette pression-là de dire «Oh mon Dieu, c'est tabou, on devrait pas en parler». Non. Dis ce que tu as à dire, puis les gens vivront ce qu'ils ont à vivre eux-autres-mêmes. Puis si ça leur fait vivre des choses, bien peut-être qu'ils pourront à leur tour grandir là-dedans. Moi, c'est comme ça, je le vois. On est en 2026, mais c'est sûr que tu as raison, c'est culturel. Il y a beaucoup de... C'est différent d'une culture à l'autre. C'est différent de jeune à l'autre aussi, puis d'un milieu. Mais pour moi, c'est vraiment important que les parents soient à l'aise là-dedans, puis qu'ils puissent le dire si ça leur tente, puis de ne pas le dire si ça ne leur tente pas aussi. [00:51:41] Speaker E: Peut-être que j'aimerais ajouter un point. Si vous parlez autour de vous autres à des parents, leurs difficultés qu'ils ont avec leurs enfants, vous allez voir, vous n'êtes pas seuls à avoir des enjeux qui ne vont peut-être pas jusqu'à l'hospitalisation, mais des jeunes qui ont de la détresse ou qui ont des moments difficiles. En fait, c'est le commun de tout le monde. [00:52:08] Speaker C: Moi, j'ai trouvé beaucoup de soulagement. Je me suis liée d'amitié avec une maman, qui a peu près mon âge, d'une adolescente, ou d'un adolescent qui était à l'hôpital en pédopsychiatrie en même temps que ma fille. Puis c'est un adon, on s'est croisés un moment donné, puis on s'est mis à jaser, puis ça m'a fait beaucoup de bien, justement. Ça a comme brisé mon espèce de... Je pensais que j'étais... En tout cas, dans mon milieu de vie, j'étais la première qui vivait une affaire de même. Puis là, j'ai vu qu'elle avait les mêmes craintes que moi, les mêmes anxiétés. Puis là, on... «Ah oui, toi aussi!» «Oui!» «Ah, juste ça, ça fait du bien.» Puis aussi, sortir de la maison. On est très fatigué dans ces moments-là, mais c'est important de se sortir d'un environnement qui nous rappelle. Ça peut être aussi simple que d'aller prendre un café et lire dans un café, même si c'est une heure ou deux. Ça fait un bien immense, je trouve. Puis il faut juste de s'accorder cette permission-là. C'est comme si on retrouvait notre individualité, parce qu'on n'est pas juste un parent dans la vie, même quand on a un enfant en détresse. Puis c'est ça, juste de changer les idées, ça te permet de trouver la disponibilité que tu ne pensais pas que tu avais. [00:53:29] Speaker D: C'est d'accepter aussi de le faire. Moi, je me rappelle, tu sais, à un moment, nous, on était là à toutes les rencontres familiales, on était là toutes les visites le soir, du début à la fin. Puis pour moi, c'était hyper important. Il n'était pas question que j'en manque une, tu comprends. Puis à un moment donné, la pédopsy, dans la rencontre familiale, elle s'en va me dire, bien là, vous avez le droit de pas venir le soir. Et moi, éclate en sanglots. Vous me direz pas de pas venir. Puis là, écoute, j'étais vraiment dans tous mes états. Puis après ça, mon chum me disait, OK, mais tu pleurais pourquoi? Bien là, c'est comme si j'abandonnais mon garçon tout à coup. Je me donnais pas le droit. Alors là, j'ai fait, OK, Elle a peut-être raison. Il faudrait peut-être que je m'analyse un peu plus. Mais c'est ça. Du coup, je me suis mis à pleurer. Puis j'ai dit, bien voyons, je ne peux pas faire ça. Puis après ça, je me suis dit, OK, j'ai des amis, j'ai d'autres. Fait que j'y allais. J'allais le voir. Je ne l'ai pas abandonné, inquiétez-vous pas. Mais ça, ça veut dire que tu [00:54:25] Speaker C: avais la crainte de l'abandonner. Ou que lui sente que tu l'abandonnes. Oui, oui. Je pense que c'est bien normal. [00:54:31] Speaker D: Exact. Mais c'est le coup, tu ne l'analyses pas jusqu'à ce qu'effectivement, on te le remette. Avec du recul, c'est ça. [00:54:37] Speaker B: Avec du recul, des fois. [00:54:38] Speaker D: C'est ça. Comme parent, c'est vraiment dire, écoute, à soir, on va te souper juste ensemble, t'entends-tu? Oui, ok. C'est ça. [00:54:47] Speaker B: Rassurez-vous, des fois, les jeunes, ils ont beaucoup de plaisir sur l'unité. [00:54:51] Speaker D: Oui, oui, on en a entendu parler, effectivement. [00:54:54] Speaker B: Non, c'est ça, mais souvent, il y a comme une fonction à ça aussi. Des fois, c'est un peu nourri. Je dirais, est-ce que oui, il y a des moments où ils peuvent être en détresse, les jeunes, puis qu'ils peuvent vivre de l'injustice, ils peuvent entendre des fois des... Ils peuvent être témoins ou entendre des fois des jeunes qui sont en détresse aussi et qui utilisent leurs moyens et tout ça pour se réguler. Mais des fois, quand ils sont en visite, ça peut être un moment de décharger tout ce qui n'est pas bon ou ce qui a leur perception négative. Mais en même temps, des fois, c'est de recentrer sur... J'entends qu'en ce moment, C'est difficile. On va essayer de passer un moment de qualité. Il y a plein de jeux de société et tout ça. Parce que des fois, ça alimente aussi les inquiétudes des parents d'entendre le négatif. [00:55:54] Speaker D: Il y a eu des beaux moments parce que moi, je sais qu'ils m'ont parlé de l'atelier culinaire. Ils font des recettes, ils ont fait des bracelets d'amitié, ils ont fait plein de choses. [00:56:02] Speaker B: Ils font plein de choses. Ils n'ont pas de téléphone. La créativité revient aussi. [00:56:06] Speaker D: Exact. Effectivement. Mais c'est ça. C'est pour les parents. c'est d'ouvrir ses horizons, puis de... c'est facile à dire aujourd'hui, là, mais d'essayer de focusser aussi un peu sur soi-même puis sur les autres, puis que ce soit avec des amis, tu sais, il y en a, je sais qu'il y a des groupes, là, tu sais, que tu peux parler en ligne, il y a des... bon, tu sais, t'as tes programmes d'aide, on en parlait tantôt aux employés, mais ne serait-ce que juste de dire, je vais prendre une marche, là, puis j'écoute de la musique ou je fais autre chose. [00:56:35] Speaker C: Je suis fatiguée, mais je vais pareil, parce que ça va te faire du bien, en fait. [00:56:39] Speaker B: Puis, ça arrive des fois que... J'aime quand même partager des fois des faits vécus, mais c'est déjà arrivé où on fait des références aussi parce qu'on est vraiment inquiets pour des parents. Ça m'est arrivé de faire aussi des grilles au niveau suicidaire avec des parents parce que... C'est ça, le jeune est souffrant, mais des fois, c'est toute la famille qui est souffrante. Fait que c'est ça, c'est là l'importance où prendre soin comme parent, c'est aider aussi votre enfant. [00:57:12] Speaker C: Mais mettons que je suis un parent, je suis à bout. Puis là, mon enfant est en pédopsychiatrie, puis là, je le sens que je vais craquer. Je peux-tu le dire en pédopsychiatrie? [00:57:21] Speaker B: Oui. Je suis comme, il faut. On a déjà accompagné des parents à l'urgence. [00:57:25] Speaker C: Moi j'avoue que j'ai jugé les parents qui ne se pointaient pas aux visites. Puis là, en parlant à Karine, à François, je me suis rendue compte que les parents qui ne se pointent pas en visite peuvent être en survie, puis avoir besoin de ce moment-là pour se reposer. [00:57:42] Speaker B: C'est une meilleure version de même, aussi, des fois. [00:57:45] Speaker C: Encore une fois, il n'y a pas de cas typiques. Puis un parent qui est sur le bord de craquer, il faut qu'il le dise, parce que c'est correct qu'il ait besoin d'aide aussi. [00:57:57] Speaker B: Oui, vraiment. [00:57:58] Speaker E: Notre fille nous a demandé de ne pas se présenter un soir. [00:58:02] Speaker B: Oui, ça aussi, c'est difficile. [00:58:04] Speaker E: Oui, ça nous a fait mal. Elle voulait nous voir la fois d'après. [00:58:09] Speaker C: Puis pourquoi elle ne voulait pas que vous vous présentiez? [00:58:12] Speaker E: Elle avait besoin d'un temps de digestion, elle vivait des émotions, elle ne se sentait pas bien, elle n'avait pas envie de socialiser. [00:58:24] Speaker C: C'est vrai qu'ils vivent plein d'affaires pendant leur journée-là, là. Des fois, c'est la vie, là. [00:58:28] Speaker B: Oui. Puis des fois, les parents, ils veulent pas vous poser des questions, comment ça s'est passé aujourd'hui, tout ça. Fait que là, des fois, les jeunes [00:58:34] Speaker D: revivent ce qu'ils ont vécu. [00:58:35] Speaker B: Il y a mieux comme juste fermer la porte, puis... [00:58:38] Speaker D: Tu sais, on l'a pas abordé, mais tout ce qui est l'école aussi, tu sais, est un stress autant pour le jeune. Parce que oui, il y a des cours, mais c'est tout le lien avec l'école. Je sais qu'ils vont en parler plus tard, les jeunes, du retour à l'école. Mais comme parent, c'est stressant aussi. T'sais, moi le mien, il était au PEI secondaire 5, examen du PEI, examen du ministère. Rapidement, nous, on a été super choyés avec l'école où il était. On a eu une prise en charge le lundi. Il rentrait le dimanche, puis le lundi, on avait une rencontre avec l'école. Puis il placait tout. Mais c'est quand même stressant comme parent. Tu te mets aussi cette pression-là de dire, il va y avoir un après. Il faut que je m'assure que l'école, ça va être correct. Il faut que je m'assure que les amis... Et là, tout à coup, tu ramasses des morceaux de sa vie qui, normalement, il gérait un peu plus par lui-même. Ça fait que ça aussi, comme parent, il faut faire attention à ça. de dire, bien, jusqu'où je vais, puis...— [00:59:35] Speaker B: Pas trop ratisser l'âge.— [00:59:36] Speaker D: Exact. Puis là, avec la pédopsie, bien, avec l'hospital, il y a des liens qui se font avec l'école. Ça fait que, tu sais, c'est laisser une chance au processus de se mettre en place, mais c'est s'assurer que le processus est mis en place, par contre. Tu sais, qu'il est suivi. Mais c'est ça. Comme parent, c'est demandant aussi, là. Tu sais, c'est anxiogène. Tu veux que ton enfant réussisse, puis que ça l'aille bien, là. [00:59:57] Speaker C: Si tu as besoin de prendre un temps d'arrêt de travail, ça aussi ça vient avec un paquet de tabous, mais ça vaut la peine pour avoir la disponibilité pour mettre en place les choses qui doivent être mises en place après la pédopsychiatrie, parce que si tu ne le fais pas et que tout le monde retombe dans ses anciens souliers, tu vas perdre des bénéfices et tu vas faire deux pas en arrière. Ça peut être un bon investissement, c'est ça, si ton employeur te le permet, et si tu peux te le permettre financièrement aussi, bien sûr, de te dire, OK, prochain mois, je demande un congé. ou bien je travaille à temps partiel, puis je me laisse, un, me reposer, puis deux, travailler juste quelques heures par jour pour aider mon enfant ou pour faire les affaires de famille, puis that's it. On ne s'accorde pas ce droit-là d'emblée, je trouve. [01:00:57] Speaker B: Mais il y a des parents, moi, qui me le demandent des fois vers la porte de la sortie, là, tu sais, quand on planifie la prochaine rencontre, qui me demandent, mais mon Dieu, comment les autres parents, ils font, là? Puis, tu sais, c'est pas rare, tu sais, je leur dis, bien, il y en a des fois, oui, qui doivent prendre des arrêts maladie parce que c'est vraiment, c'est ça, c'est intensif, puis... Est-ce [01:01:18] Speaker C: que tu pourrais leur répondre pas mieux que vous autres? [01:01:21] Speaker B: Tout le monde fait de son mieux et il n'y a pas une façon de faire. [01:01:27] Speaker C: Il n'y a pas un parent qui sort de là, hop, la vie, tout va bien. [01:01:30] Speaker D: Jean-François, tu avais raison tantôt. Pour toi, le travail était hyper bénéfique. [01:01:36] Speaker B: – Les ménages ont laissé... – Exactement. [01:01:39] Speaker D: Pour moi, nous, nos employeurs nous permettaient de faire, d'organiser notre journée en fonction de ce qu'on avait à faire. Ça nous permettait de... Pour d'autres, pareil, ils ne pourront pas se le permettre. Ça aussi, il ne faut pas se sentir coupable. Si comme parent, tu décides de ne pas... Tu te dis, regarde, moi, je suis bien au travail ou je n'ai pas le choix de travailler parce que des fois, ça l'arrive. Mais c'est toute la culpabilité, des fois, qui vient avec de dire, bien, je ne suis pas aussi présente que... Ça aussi, il faut comme parent, tu le mettes de côté, puis tu dises, c'est quoi qui est bien pour moi, présentement, puis pour mon enfant, bien, c'est que moi, je sois bien. Si moi, je suis bien, bien, je vais être capable de l'aider. Sinon, on va partir à deux prises, là. [01:02:18] Speaker C: C'est le principe du masque à oxygène dans un avion, là. [01:02:21] Speaker D: En effet. [01:02:22] Speaker E: Le masque à oxygène, ce n'est pas tout de vouloir l'appliquer. Ça prend du temps pour se mettre en place. Le travail m'a servi d'encre, mais moi, j'ai lu dix fois la même page de mon livre et il n'y a rien qui rentrait parce que je me sentais comme de la boîte. Puis ça, ça fait partie aussi de l'indulgence que tu dois avoir envers toi. Puis peut-être que tu n'es pas capable de lire un livre, peut-être que t'es saturé de tout ce qui se passe, puis peut-être que tu es bon pour écouter Spider-Man trois fois parce que ça, ça marche. [01:03:01] Speaker D: Ou d'écouter juste une partie de ce podcast-là, puis de le reprendre en deuxième temps après. [01:03:07] Speaker C: Ou de lire une bande dessinée comme Astérix et Obélix que tu n'as pas lue depuis que tu es enfant parce qu'il y a juste ça qui est capable de rentrer, puis que ça te change les idées. [01:03:17] Speaker D: Exact. [01:03:18] Speaker B: Il n'y a pas de bonne façon. [01:03:20] Speaker D: Non. Il ne faut juste pas s'oublier. [01:03:23] Speaker C: C'est ça. Puis être indulgent, comme tu dis. [01:03:27] Speaker B: Au niveau des arrêts maladie ou en tout cas avec les employeurs, juste de faire un petit parallèle, les parents souvent qui souhaitent comme un peu, moi je recommande d'en parler parce que c'est quand même des milieux maintenant de plus en plus ouverts. Puis il y a la CNESST qui parle de comme, c'est pas harcèlement, mais de santé psychologique, tout ça. C'est sûr que moi, des parents qui essaient de performer entre parenthèses autant, souvent ils finissent par vraiment s'épuiser. Oui, oui. [01:04:01] Speaker C: Qui essaient de... Ça ne paraisse pas au travail. [01:04:03] Speaker B: Oui, qui essaient de ne pas en parler où c'est un nouveau travail. ils ne veulent pas trop en parler. Puis là, des fois, c'est sûr que c'est un parent qui est plus disponible versus l'autre. Puis c'est vraiment... Ça devient plus complexe. Puis des fois, c''est sûr qu'il y a des jeunes aussi qui le nomment. C'est comme ça, je n'ai pas de rencontre avec tel parent. Fait que souvent, ce qu'on dit, c'est que l'hospitalisation, on essaie que ce soit comme une foi, c'est comme on ne veut pas créer un précédent, c'est une sécurité, c'est comme une forme de sécurité, mais on ne veut pas que ça devienne non plus comme une habitude ou un... Dans le meilleur des mondes, c'est de ne pas brûler l'hospitalisation. Quand on se rend à l'hospitalisation, le souhait, c'est vraiment de l'utiliser à pleine... [01:05:05] Speaker D: Pleine capacité. [01:05:07] Speaker B: Pleine capacité, exactement. Mais je sais que ce n'est pas possible dans tous les domaines. Ça, je comprends. Ça peut être de dire que je suis moins disponible en ce moment. [01:05:23] Speaker C: Ça donne la permission. Ça met des trucs personnels. Ça donne la performance un petit peu plus de côté. [01:05:27] Speaker B: Oui. Parce que sinon, ça devient difficile. [01:05:30] Speaker D: Parce qu'elle va être affectée de toute [01:05:30] Speaker C: façon si tu ne gères pas ce qui est en train de se passer. [01:05:34] Speaker E: Je tiens à préciser que j'utilisais le travail comme passe-temps, pas comme mode de performance. [01:05:41] Speaker C: Mais je n'ai aucun jugement de ton coping mechanism. [01:05:45] Speaker E: Je voulais juste pas que ça sonne comme moi, je devais performer pendant le temps. [01:05:52] Speaker C: Non, pas du tout. Je crois que ce n'est pas perçu comme ça. [01:05:53] Speaker D: Non. [01:05:54] Speaker B: Dans de l'expérience. [01:05:56] Speaker E: Non, moi, j'avais averti mes patrons que ça n'allait pas à la maison et que ma performance, qu'est-ce qu'elle allait être, mais que ça me faisait du bien d'être avec mon équipe. [01:06:08] Speaker C: Mais toi, j'ai parlé à tes patrons, ils m'ont dit que t'étais tellement bon! C'était tellement bon que même si t'étais à 20 %, t'étais meilleure que les autres, t'sais. [01:06:16] Speaker D: Fait que... Non, mais ça, je pense que pour les parents, c'est culpabilisant, t'sais, de dire «je peux pas être là comme je voudrais », fait qu'il faut qu'ils travaillent, t'sais... Il faut aussi que le jeune, tu sais, le jeune va devoir comprendre dans certaines situations que ça se peut que le parent puisse pas être aussi présent qu'il voudrait, tu sais. Ça aussi, c'est un cheminement à ce que l'enfant doit le comprendre peut-être, tu sais. Ouais. [01:06:40] Speaker B: Des fois, il y a comme, c'est ça, il y a les modalités virtuelles qui peuvent vraiment beaucoup aider, puis c'est ça. Tu sais, c'est sûr que pour les visites, par exemple, là, tu sais, c'est ça, nous, On va le dire, là, tu sais, dans des contextes où des fois, tu sais, c'est des longues hospitalisations, là, quand il y a comme, tu sais, des manies ou quand il y a des, tu sais, des symptômes psychotiques, là, c'est vraiment comme on peut s'attendre à des longues hospitalisations, puis, tu sais, souvent, ça fluctue, puis, tu sais, moi, j'avertis souvent les parents de, vous êtes, tu sais, vous pouvez vous relayer, puis, tu sais, prenez soin de vous, parce que c'est ça, c'est, à un bout, c'est... C'est éprouvant, là, c'est éprouvant. Puis de se rendre à chaque jour, il y a aussi les stationnements, les [01:07:27] Speaker D: sites, il y a quand même... – Le voyagement. [01:07:28] Speaker C: – Je voudrais que vous leur donniez... Je voudrais que vous donniez aux parents, sérieux, ça a l'air, je ne sais pas ce que je vais dire, mais des cartes cadeaux du StromSpa, genre. Puis même le StromSpa pourrait commanditer ça, là. [01:07:38] Speaker B: – Absolument. [01:07:38] Speaker C: – S'envoie un message, tu sais, là. [01:07:41] Speaker B: – Prenez soin. [01:07:42] Speaker C: – Prenez soin de vous. Voici une des façons, mais faites-le, s'il vous plaît, tu sais. [01:07:46] Speaker B: Oui, vraiment. Il n'y a pas de bonne façon, c'est ce que je répète. Je n'ai pas d'exemple à vous donner, mais ça me fait juste penser que vous, avec ton gars, la façon que ça fonctionnait, c'était en voiture. Fait que tu sais, il y en a que ça va être de faire des tours d'auto. Je me rappelle, j'avais un papa, puis il y avait un papa qui était, sa fille était sur l'unité, mais lui, pour s'apaiser, c'était de faire des tours de voitures, puis tu sais, il n'y en a pas de mauvaise façon. Bon, tu sais, l'important, c'est vraiment que ça «fit », puis avec vous comme famille, puis avec votre adolescent, là. [01:08:29] Speaker D: Puis, tu sais, avoir un conjoint qui est enligné, vous êtes enlignés pareil, ça va bien. Ça, c'est le fun. Quand les deux conjoints sont dans la même direction, moi, c'était comme ça. Ça allait bien. Des fois, on n'est pas toujours dans la même opinion, puis des fois, on est séparés. Ça fait que ça aussi, ça va emmener son lot d'insécurité puis de... d'établir d'avance. [01:08:53] Speaker B: Ça, c'est aussi quelque chose que... d'établire d'avance, des fois, quand c'est des parents séparés un peu, pour que ce soit pas l'enfant qui est à faire un choix, tu sais, quel parent vient quel jour, puis tu sais, des fois, de se parler comme parent de, OK, bien, tu sais, c'est ça, on va s'alterner. Puis des fois, la garde aussi, là, elle prend un peu le bord. parce que c'est une situation exceptionnelle. Il y a des sorties, donc on souhaite travailler autant chez papa que chez maman habituellement. Ça, c'est plein de choses dont il faut se préparer finalement. [01:09:30] Speaker C: Ça, c'est dur aussi, parce que comme parent, t'as pas nécessairement une bonne relation avec ton ex, qui est le parent de ton enfant. Puis là, il faut vraiment que tu travailles avec. Puis ça te tente pas nécessairement. Puis des fois aussi, t'sais, dans la vie de tous les jours, ils t'ont un peu laissé tomber. Puis là, whoops, il est super présent à l'hôpital. Puis tu peux rien dire parce qu'elle est là pour faire du travail, puis tu as besoin de ce travail-là, puis que ça aille bien pour l'enfant. Mais moi, j'ai beaucoup rushé avec ça. Il a fallu que je prenne sur moi beaucoup, alors que je n'avais plus beaucoup de disponibilité en partant. Je suis sûre que ça a joué dans mon niveau d'énergie. [01:10:13] Speaker B: Oui, parce que c'est sûr que ça recense le passé, veux, veux pas. Des fois, on est un peu rigide sur les deux parents biologiques. Par contre, quand il y a, par exemple, un beau-père ou quoi que ce soit, ou une belle-mère, puis ça fait longtemps qu'ils habitent ensemble, que c'est significatif. Même la fratrie, on ne voit pas nécessairement les... les inclure d'emblée, mais c'est sûr, il n'y a pas une situation pareille, mais c'est là où des fois, oui, à l'unité, on prend, on accueille toute la famille, mais comme parent, des fois, vous avez besoin d'avoir votre espace d'aller, avoir votre place individuelle. Des fois, c'est ça pour... revenir sur ce que vous avez vécu avec l'ex, par exemple, ou avec le... Des fois, c'est les grands-parents que ça vient chambouler, là. Puis des fois, c'est ça, c'est de prendre rendez-vous avec le médecin de famille, puis des fois, c''est de commencer la médication. Il y a des fois où... Ou la thérapie. Oui, la thérapie aussi. [01:11:24] Speaker E: Les deux? [01:11:24] Speaker D: Les deux, oui. C'est souvent. [01:11:26] Speaker B: Pour être plus disponible. Mais oui, c'est très éprouvant. Je regarde les questions. Je ne sais pas si on a fait un peu le tour. [01:11:40] Speaker D: Je pense que oui. [01:11:41] Speaker B: Ce qui est important de garder en tête, c'est que c'est un gros processus. Il y a plusieurs étapes de ne pas hésiter, dans le fond, à poser des questions. Puis que, tranquillement, mais tu sais, ce que je trouve ça le fun, c'est que vous avez, en tout cas il y a des adultes, il y a des jeunes ados qui sont devenus adultes, puis que ça aussi par contre, passer les services adultes, ça c'est un bout aussi où, C'est un autre challenge, on [01:12:15] Speaker D: va dire ça comme ça. [01:12:16] Speaker B: Il y a un bout où il faut en profiter quand ils sont plus jeunes, quand ils sont adolescents, que les services sont là. C'est sûr qu'il faut garder. Des fois, il faut travailler fort pour avoir les services. Garder un peu d'espoir. [01:12:39] Speaker C: Mais quand tu les as, ça valait la peine de faire tous les efforts. Moi, la première, j'ai un peu chialé contre la difficulté à avoir accès aux services durant ce balado-là. Mais on est chanceux d'avoir accès à des spécialistes sans avoir à être millionnaire ici. [01:13:08] Speaker B: Avec la RAMQ. [01:13:10] Speaker C: Quand on se compare des fois, on se consomme. [01:13:12] Speaker D: Puis un coup qu'on rentre dans le système, on est bien pris en charge. [01:13:15] Speaker C: C'est ça, c'est de rentrer. [01:13:17] Speaker D: Il faut juste rentrer dans le système. Un coup que tu es rentré, effectivement, on travaille très, très fort, du jeune vers l'adulte. Ça va être, les prochaines années, c'est ça qui s'en vient. [01:13:31] Speaker B: Super. Donc, on va terminer là-dessus, puis merci de nous avoir écoutés. [01:13:36] Speaker A: Merci. [01:13:37] Speaker C: Merci. [01:13:37] Speaker E: Merci tout le monde.

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October 30, 2026 • 00:43:34
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Épisode 2 : Les amitiés

Comment les amis réagissent-ils lorsqu’un jeune ne va pas bien? Que se passe-t-il lorsqu’on tisse des liens avec d’autres jeunes vivant des difficultés similaires?...

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