Épisode 2 : Les amitiés

Episode 2 • October 30, 2026 • 00:43:34
Épisode 2 : Les amitiés
Trampoline
Épisode 2 : Les amitiés

Oct 30 2026 | 00:43:34

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Show Notes

Comment les amis réagissent-ils lorsqu’un jeune ne va pas bien? Que se passe-t-il lorsqu’on tisse des liens avec d’autres jeunes vivant des difficultés similaires? Comment composer avec les préjugés, les incompréhensions ou les changements dans son cercle social après le retour à la maison?

Dans cet épisode, des jeunes ayant vécu une hospitalisation en pédopsychiatrie partagent leur expérience des amitiés avant, pendant et après leur séjour à l’hôpital.

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Episode Transcript

[00:00:04] Speaker A: Bienvenue au Balado Trampoline, qui donne la parole aux jeunes ayant vécu une hospitalisation en pédopsychiatrie, à leurs proches ainsi qu'aux professionnels qui les accompagnent. À travers ces épisodes, nous abordons les défis et les apprentissages qui marquent le parcours de rétablissement en santé mentale. Car derrière chaque hospitalisation se trouve une histoire unique, celle d'un jeune qui compose avec sa souffrance, d'une famille qui cherche à comprendre et à soutenir, et d'une communauté qui peut faire une réelle différence. Ce balado est réalisé dans le cadre du projet de recherche Trampoline grâce au soutien financier des Instituts de recherche en santé du Canada et du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada. Le projet est mené en collaboration avec Santé Québec Montérégie-Centre et Montérégie Est, ainsi qu'avec les centres de services scolaires Marie-Victorin et Despatriotes. Bonne écoute! [00:01:04] Speaker B: Bonjour, bienvenue au podcast sur les amitiés. Je me présente, je m'appelle Nathan. Et pour donner un peu de contexte par rapport à pourquoi on vous fait ça aujourd'hui, c'est que j'ai été hospitalisé en pédopsychiatrie il y a d'ici quelques années. Et les circonstances autour de ça, c'était surtout par rapport à l'anxiété de performance. Il y a une situation qui s'est passée envers moi qui a été très néfaste à ma santé mentale, puis une dépression suivie d'une tentative. Je sais que c'est un peu lourd de commencer comme ça, mais pour donner peut-être une petite idée de qui vous parle aussi, ça peut peut-être donner une touche plus humaine par rapport à ce podcast essentiellement. Puis moi, je trouve ça important d'aujourd'hui vous en parler, de mes expériences pour vous faire sentir moins seul et pour vous montrer que, écoute, guys, ça va bien aller. Je vais vous laisser la parole à Brigitte. [00:01:53] Speaker C: Oui, je vais me présenter. Je m'appelle Brigitte, je suis psychologue sur une tée d'hospitalisation depuis maintenant 17 ans. C'est important pour moi de venir ici parce qu'il y a des histoires d'amitié, j'en ai entendu beaucoup. C'est important les amitiés pour les ados, ça fait partie, c'est central. Je pense que d'en parler, c'est important de le faire. [00:02:15] Speaker D: Alors moi, je me présente, je m'appelle Rose. J'ai été hospitalisée dans l'unité d'adulte psychiatrie en 2025, puis après ça, je suis allée à l'hôpital de jour. Je pense que pour moi, c'était une accumulation de beaucoup de choses, la séparation de mes parents, l'anxiété de performance, je faisais beaucoup de danse. Puis là, ça a commencé à aller moins bien, je n'allais pas à l'école, puis j'ai commencé à avoir des idées noires. Donc voilà, pour vous donner un peu de contexte sur moi. Puis aujourd'hui, moi, je trouve ça important d'être ici pour vous parler des amitiés, parce que je pense que quand on est adolescent, ça prend une grande place dans notre vie. Puis surtout des fois, quand ça va un peu moins bien, notre premier réflexe, c'est d'aller voir nos amis, des fois plus que des adultes ou que des parents. Puis ils ne veulent pas que nos amis nous voient au quotidien, à l'école, dans nos sports, peu importe. Ça fait qu'ils nous voient aller bien, puis aussi des fois un peu moins bien. Puis aussi, c'est beau d'avoir des amitiés saines et tout. Mais je pense que des fois, quand on a des épreuves, ça remet aussi en question ou ça nous fait questionner un peu sur nos amitiés. Ça fait que voilà, je vais vous partager mon vécu aujourd'hui. [00:03:21] Speaker E: Je m'appelle Myriam. Aujourd'hui, j'avais envie d'être ici à parler des amitiés, parce que c'est quelque chose qui me tient à cœur, parce que mes amis, je les aime d'amour. Puis, dans le fond, moi, j'ai été hospitalisée en 2023-2024, dans ces eaux-là, à cause que je commençais à faire des crises d'anxiété énormément, que je me sentais vraiment seule au monde. J'étais vraiment... Je me sentais isolée, dans le fond. Puis j'ai commencé à vraiment, de moins en moins, aller bien. Mon état s'est détérioré. Fait que j'ai été hospitalisée. [00:03:59] Speaker B: Très bien. Merci beaucoup de vous présenter. On a préparé des petites questions qu'on avait ciblées les jeunes ensemble pour... Démarrer la discussion essentiellement, puis je l'avais la première. Comment est-ce que tes amis réagissaient face à ta détérioration avant ton processus d'hospitalisation par rapport à leur soutien? Est-ce qu'ils se sont rapprochés? Leur incompréhension? Est-ce qu'ils ont pris une distance? Est-ce que il y a peut-être une possibilité de sentir qu'ils ont trahi la confiance en discutant avec des adultes responsables? Donc, c'est un peu ça comment qu'on voulait aborder la première partie du podcast. Moi, si je réponds pour mon vécu, moi, j'étais très proche avec mes amis avant mon processus d'hospitalisation, mais je sais qu'eux, ils se sentaient souvent impuissants par rapport à ma situation parce que, tu sais, moi, je continuais à me détériorer essentiellement. Ils ne pouvaient pas, ils se sentaient qu'ils n'étaient pas outillés pour pouvoir m'outiller, pour pouvoir m'aider essentiellement. Quand eux, ils vivaient des situations aussi difficiles, en plus, essayer d'aider quelqu'un quand toi-même ça va mal, ça en demande beaucoup. Ils trouvaient ça très, très difficile, mais par rapport à ça, j'étais très proche avec mes amis. ce que tu veux peut-être dire. [00:05:17] Speaker E: Oui. [00:05:18] Speaker D: Pour ma part, je pense que j'ai vraiment eu des bonnes amies à mes côtés. Il y en a vraiment qui ont été super proches de moi, qui m'accompagnaient à chaque jour. Je pense pour eux aussi, ça a été difficile de me voir aller moins bien parce que depuis mon secondaire 3, ça allait plus ou moins bien. Puis là, en secondaire 4, c'est vraiment là que j'ai craqué. Puis de voir la détérioration peu à peu arriver, en sachant que oui, ils essaient de m'aider, ils essaient de me changer les idées. qu'on fasse des activités, mais peut-être pas, ils n'ont pas nécessairement les contrôles là-dessus. C'est quand même moi qui dois faire en sorte de m'aider. Je pense qu'il faisait de l'art possible que ça soit des fois de m'appeler, de me demander comment ça allait et tout. Fait que, pour moi, j'ai vraiment eu des belles expériences là-dessus. C'est sûr que, des fois, j'ai subi des amnésies qui étaient un peu dans l'incompréhension, vu que, t'sais, la santé mentale, c'est surtout... t'sais, c'est invisible, on voit pas. C'est pas comme si j'ai un bras cassé. Fait que des fois, pourquoi t'étais pas à la danse aujourd'hui? Ou comme, quand j'ai été hospitalisée, pourquoi t'es hospitalisée? T'sais, je pensais que ça allait bien. t'as pas l'air si pire, ou des fois, il y en a qui vont s'éloigner parce qu'ils ne savent pas trop comment réagir, puis ils veulent mon bien, mais ça les rend inconfortables. Fait que je pense qu'il y a toujours comme un entre-deux dans les amitiés. Voilà. [00:06:40] Speaker B: Très intéressant. Est-ce que Myriam, t'as peut-être un petit point toi aussi à apporter? [00:06:46] Speaker E: Moi, personnellement, j'ai eu la chance, parce que j'avais mon meilleur ami, qui est toujours là pour moi, qui m'aidait beaucoup de temps en temps, des courts moments, à peut-être aller un peu mieux. Puis moi, par chance, après mon hospitalisation, excusez-moi, en hôpital de jour, j'ai rencontré ma meilleure amie dans un camp de thérapie par l'aventure. Encore, malgré les rechutes qu'on a eues, elle est toujours là pour moi, puis je suis à elle. [00:07:31] Speaker B: Ah, c'est intéressant. Donc, tu crois vraiment que ton meilleur ami, que t'es vraiment proche avec, essentiellement, il trouve qu'il réagit d'une façon... Il voulait t'aider, essentiellement. Il était là pour toi, il te soutenait dans ton processus. Tu te sentais bien en compagnie, là, si je comprends bien? [00:07:47] Speaker E: Oui. Sincèrement, oui. m'aider à dédramatiser ce que je vivais. [00:07:57] Speaker B: Oui. Ah, c'est gentil. C'est vraiment cool. [00:08:00] Speaker C: Moi, j'ai une question à vous poser. [00:08:01] Speaker B: Oui. [00:08:02] Speaker C: Donc, quand vous avez commencé à moins bien aller, est-ce que vous saviez que vos amis le percevaient ou est-ce que vous auriez souhaité qu'ils le voient davantage ou est-ce que plutôt votre préoccupation, c'était de le cacher pour que ça n'apparaisse pas? [00:08:20] Speaker D: Je pense que pour ma part, c'était difficile entre... Il y a des amis qui le voyaient vraiment. Puis des fois, il y a une partie de moi, puis je me sentais mal de ça. C'est comme si je voulais qu'ils le voient plus. Puis en même temps, je me sentais mal. J'étais comme, mon Dieu, est-ce que je veux de l'attention? Puis tout. Mais j'ai réalisé que... T'sais, c'était normal. Mettons, quand j'arrivais en retard à l'école, je manquais de l'école, puis il y avait juste des comme, «Ah, t'es-tu correct?» Puis là, je répondais vite fait, mais c'était tout. Des fois, je sentais... J'étais genre... Je me sentais quasiment mal que ça ne paraisse pas, t'sais, parce que j'étais comme... Bien, voyons, au fond de moi, genre, c'est vraiment, vraiment, vraiment difficile. J'ai l'impression que les autres ne le voient pas tant, mais il y a des amis qui le voyaient vraiment beaucoup. Fait que je pense, des fois... Bien, si tu veux répondre à ma question, je pense, des fois, pour moi, c'était difficile de... sans me dire que je voulais de l'attention, mais au fond de moi, je voulais qu'ils le voient à la hauteur de comment j'allais comme pas bien. Ça fait que, oui, pour moi, ça a été difficile, cet aspect-là. [00:09:18] Speaker C: Je pense que tu reflètes bien ce que j'entends souvent avec les jeunes, cette espèce d'ambivalence entre... Je veux qu'on entende que je ne vais pas bien, je veux qu'on m'aide, qu'on me voit, puis qu'on m''empêche d'épairir. Puis en même temps, je veux continuer d'avoir l'air fort, je ne veux pas déranger, je ne veux pas me sentir mal, je ne veux pas que les autres me trouvent lourde. Fait que d'être coincée entre ces deux positions-là, je pense que c'est assez commun. [00:09:44] Speaker B: Oui, cette dualité-là, oui, je la ressentais définitivement, comme Coroz a dit. On vit tellement de sentiments à l'intérieur, puis on n'est pas capable de le mettre à l'extérieur. Les gens ne peuvent pas comprendre. Puis c'est souvent pour ça pourquoi, malheureusement, la seule façon dont on est capable d'extérioriser nos douleurs, c'est de faire nos douleurs à nous-mêmes. Ça fait que c'est souvent... Moi, c'est comme ça que j'ai utilisé comme annonce à mes amis pour ma détérioration. Et les amis, ils sont jeunes aussi, ils ne savent pas nécessairement comment réagir à ça. Donc, définitivement, la dualité entre je ne veux pas donner le fardeau sur n'importe qui, mais je veux que les gens comprennent que je suis en douleur et que chaque jour est difficile. Juste me lever, c'est une tâche incompréhensiblement difficile pour ces gens-là, pour nous essentiellement. Donc, je trouve ça vraiment intéressant. [00:10:35] Speaker D: Je pense aussi pour moi ça a été, puis encore à ce jour je travaille là-dessus, c'est difficile de faire la différence entre qu'est-ce que je pense, mettons, là j'ai l'impression que je suis un fardeau pour mes amis, j'ai l''impression que je suis un poids lourd, puis on peut me dire non, t'es pas lourd, on t'aime, on veut être là pour toi. Mais en ce que je perçois, puisqu'il y a la réalité, je pense que c'est vraiment ça, mettons juste mes distorsions cognitives, de encore travailler là-dessus, de comme, t'sais, t'es pas lourde pour tes amis, ils t'aiment puis ils veulent juste être là pour toi. Ça fait que je pense que ça, ça a été un des enjeux très, très difficiles pour moi aux côtés des amis, c'est quand j'allais moins bien. [00:11:12] Speaker C: On sait des fois que c'est pas ou, c'est pas je suis lourde, ou bien il veut être là, mais ça peut être comme oui, les amis, ils se demandent comment aider et ils veulent être là et ils veulent faire une différence. [00:11:23] Speaker B: Définitivement. Puis de même, est-ce que certains comportements que les gens, pas seulement des amis, mais autour de nous, qui nous disaient des commentaires, des mots, des actions, que parfois, Est-ce que ces certains comportements blessants viennent parfois plus de l'incompréhension ou de la méchanceté? Cette question-là, orientatrice, nous fait souvent questionner parce qu'on est comme, OK, on pense à notre vécu puis on se dit, moi j'ai vécu, j'ai lu des commentaires qui étaient vraiment pas plaisants. Je pense que c'est surtout par rapport à les adaptations que l'école a dû faire par rapport à ma situation. Que ce soit, je peux m'enlever des cours, que je peux arriver plus tard en classe, que je peux quitter n'importe quand dans la classe. Les gens posaient des questions, puis tu sais, ils trouvaient ça pas équitable. Mais en même temps, toi, tu vis tellement des situations difficiles que c'est très fâchant d'entendre ça, des commentaires très, très, très ignorants essentiellement. Mais apparemment, j'étais chanceux de manquer des cours parce que c'était cool, c'était le fun. Mais il n'y avait rien de fun à devoir manquer des cours, parce que tu n'es physiquement pas capable d'aller en cours. Donc souvent, ces commentaires-là, peut-être que vous pouvez résonner avec ça, ça fait mal. Mais il faut comprendre que ces gens-là, souvent, ne veulent pas nous faire du mal. Ils sont simplement ignorants. Ils ne comprennent pas. Je ne sais pas si vous avez des situations similaires. [00:12:52] Speaker C: Je me disais que c'était un bon exemple ce que tu avais nommé, Nathan, de dire que les gens ne comprennent pas et qu'ils profitent d'un congé dans le fond et cela coule doucement. C'est quoi les autres commentaires que vous avez pu entendre? [00:13:05] Speaker D: Moi, il y a eu... Mettons, à un moment donné, j'enseignais tous les vendredis à la danse. Là, j'ai dû arrêter parce que je n'étais plus du tout capable. Je sais qu'il y a des amis. Au fond, tout le monde vit ces petites difficultés dans la vie. La vie, ce n'est pas linéaire. On a des «up and down». Puis, mettons, je sais qu'il y a des gens qui disaient «Ah, mais pour moi aussi c'est difficile, mais moi comme, t'sais, moi j'arrête pas d'enseigner, j'arrête pas d'aller à l'école.» Ou que, mettons, moi j'ai changé de classe parce que c'était rendu trop, fait que j'avais enlevé mes séances fortes. Puis je sais qu'y a des gens qui étaient comme «Ah, ben moi aussi c'est trop les séances fortes» ou comme… Fait que plein de petits commentaires comme ça, mais… [00:13:45] Speaker B: – De la comparaison, souvent. [00:13:46] Speaker D: – Oui, de la comparaison. [00:13:48] Speaker B: – Par rapport à l'idéal. [00:13:49] Speaker D: – Oui, exact. Ou mettons, juste, t'es hospitalisé, là t'as pas ton téléphone, tu donnes pas de nouvelles. Fait que là, en sujet avec les amis, tu sais, mettons, «Ah, mais comme, tu sais, elle m'aime plus, elle me prend pas en considération. Elle peut répondre à une amie, mais elle me répond pas à moi, elle me donne pas de nouvelles. Fait que tout ça, puis que là, après ça, ça lance des rumeurs, tu sais, mais qu'au fond, c'est vraiment pas... Tu sais, je me suis jamais dit, ah, je vais pas répondre à tel ami, même des fois,» bien, tu me répondras là-dessus, mais je pense, des fois, c'est même un peu conseillé de comme laisser ça de côté, pas nécessairement toujours répondre sur les réseaux sociaux, puis se concentrer sur soi. Mais je pense, vu que la santé mentale, on en parle un peu moins, tout ça, c'est moins... c'est moins compris, je pense, surtout pour les adolescents. C'est comme si tu dois gérer en même temps tes problèmes, mais aussi la perception des autres. C'est ça qui était difficile pour moi. [00:14:40] Speaker B: Je comprends. Définitivement. Toi, Myriam, as-tu quelque chose qui vient en tête, les commentaires vraiment complètement démesurés, qu'en rétrospect, ça a vraiment fait mal? [00:14:50] Speaker E: Moi, j'en ai eu plusieurs. Parce que j'étais dans une classe de personnes qui étaient vraiment, désolé de le dire, pas au courant de toute la santé mentale. Ils n'étaient pas sensibilisés à ça. Il me disait, mettons, pourquoi t'as décidé d'être en dépression? C'est pas vraiment un choix, malheureusement, sinon je ne l'aurais pas été. Ou as-tu de la chance de ne pas aller de manquer des cours, un peu comme toi, Nathan? Ça fait que, oui, j'ai eu beaucoup de ça, de répétitifs. [00:15:27] Speaker B: Et ces discours-là auraient seulement pu être changés juste par une meilleure sensibilisation par rapport à la santé mentale. C'est super tabou, malheureusement. Il y a des, comme on dit, podcast qu'on fait ici, c'est pour sensibiliser, c'est pour assurer, c'est un pas dans la bonne direction essentiellement, comme on peut dire. [00:15:45] Speaker D: Puis je pense aussi, le plus souffrant, c'est que, oui, ça peut venir d'inconnus ou des gens de notre école qu'eux, ils comprennent pas, mais quand c'est nos amis proches, nos meilleurs amis, tu sais, tu le sais au fond de toi qu'ils t'aiment, là, mais des fois, c'est quand même souffrant de comme... Oh wow, elles pensent vraiment que comme... je vais pas assez bien pour être hospitalisée, puis que moi, c'est pas si grave que ça, tu sais. Je pense que c'est là que ça devient encore plus souffrant quand ça vient de gens qui t'aiment puis que, tu sais, c'est pas voulu, là, c'est pas ça qu'ils veulent non plus. [00:16:13] Speaker B: Non, il essaie seulement de «relate». [00:16:16] Speaker D: Oui, c'est ça. Il essaie d'être rassuré, mais des fois, ça peut quasiment devenir comme invalidant. Ça fait que c'est tout… [00:16:22] Speaker B: Très maladroit. [00:16:23] Speaker D: Oui, c'est ça. [00:16:24] Speaker C: J'ai entendu souvent le terme de dire que les amis pensent que je cherche l'attention. Cette notion-là de chercher l'attention, d'être perçu comme quelqu'un qui cherche l'attention. Ça peut être très blessant comme commentaire. [00:16:42] Speaker D: Oui, vraiment. [00:16:43] Speaker B: définitivement. Puis maintenant, si on parle plus dans l'hospitalisation ou pas nécessairement l'hospitalisation, mais dans l'hôpital de jour, à l'interne, je parle versus l'hôpital de jour, comment est-ce qu'on peut naviguer nos nouvelles relations avec nos nouveaux, on peut les appeler camarades, mais à la fin de la journée, c'est d'autres patients. Est-ce que c'est des relations qui sont fondées sainement ou qui sont fondées par trait situationnel? C'est quoi, comment est- ce qu'on peut Comment est-ce qu'on peut naviguer les dangers avec la possibilité d'une rechute? Puis tu sais, souvent, nos échanges avec les autres jeunes sont encadrés. Peut-être qu'on peut essayer de démystifier pourquoi. Est-ce que souvent ça a l'air injuste? Souvent ça a l'air très... C'est ça, c'est très atteint, c'est très contrôlant. Je me souviens, je me sentais de même quand ils se séparaient. Ils étaient genre «OK, non là, vous parlez trop, c'est le temps de focusser sur soi-même.» Moi, je trouvais ça très chiant. Je m'excuse. Moi, ça m'avait vraiment fait… [00:17:41] Speaker C: C'était frustrant. [00:17:42] Speaker B: C'était frustrant, on va dire ça de même. Moi, comment je répondrais à ça, c'est que les amitiés à l'hôpital, c'est une lave double tranchante. Parce que d'une façon, on se sent moins seul, on se sent compris, parce qu'on est avec quelqu'un d'autre qui vit une situation certes différente, mais similaire. Parce qu'on est situationnellement dans la même situation, pour dire ça de même. Puis, au moins, on n'a pas... Mais l'autre côté, c'est que c'est fragile. Qu'est-ce que je veux dire par là? C'est parce que cette personne-là est malade, comme nous. Et on n'est pas outillé pour se gérer nous-mêmes plus une autre personne en cas de recherche. Si la personne va mal, si la personne ne va pas bien, elle va demander de l'aide avec nous. Puis nous, souvent, on a de l'empathie, on veut aider, mais ce n'est pas le moment. C'est le moment d'être pour nous. Je ne sais pas si vous êtes en accord avec ça, mais moi, je trouve que ce n'est pas facile de gérer ça. [00:18:38] Speaker D: Oui, totalement. Je pense qu'aussi, tu sais, à l'hôpital, on dort là-bas, on mange là-bas, on fait tout là-bas. Ça fait que c'est comme une petite bulle. Ça fait que VVIPa, c'est comme les seules personnes avec qui tu peux interagir, avoir du fun. Je veux dire, quasiment le plus qu'on peut, parler de notre vie et tout. Fait que des fois, comme t'as dit tantôt, c'est là que quand ça devient encadré, ce que je comprends, parce que des fois, tu sais, tu... Je veux dire, vu que t'es à l'hôpital, tu ne comptes pas nécessairement la vraie personnalité de la personne, sa vraie histoire, peu importe. Fait que c'est là que ça peut devenir... On se sent comme impuissant, on se sent contrôlé. Déjà que... Tu sais, quand t'es hospitalisé, t'as pas tant le contrôle sur, je veux dire, ce que tu veux manger, ce que tu veux porter, ce que tu veux faire. Fait qu'en plus, quand tes amitiés sont encadrées, bien, amitiés, camarades, je pense que c'est là que ça devient encore plus confrontant. Fait que si jamais, Brigitte, tu voulais expliquer pourquoi vous, vous faites ça en tant que personnel à l'unité. [00:19:43] Speaker C: Il faut dire que dans différents centres hospitaliers pour les ados, ils ne sont pas tous pareils. Je sais qu'il y a des milieux où, par exemple, les ados restent dans leur chambre. Il n'y a pas de lieu commun. Alors que dans d'autres milieux, il y a des lieux communs, comme l'endroit où moi je travaille, un salon commun, il y a une cuisine commune. Je pense que chez nous, on fonctionne comme ça parce qu'on sait que les relations sont au cœur sont au cœur de la vie des ados et sont importantes aussi. On a tous besoin d'être en relation pour aller mieux, se sentir appréciés. Fait qu'on souhaite que les jeunes interagissent ensemble. On l'encourage à travers des jeux structurés, des jeux de société, des activités. Mais effectivement, par souci de se concentrer sur son travail à soi, pour pas que les relations deviennent des diverses ou de l'évitement de travailler sur nos enjeux, on va favoriser qu'il y ait une proximité, mais pas nécessairement une relation d'amitié qui se développe. [00:20:48] Speaker B: Ouais, c'est vrai, j'avoue que c'est très intéressant. Puis ça met vraiment la lumière sur la raison du pourquoi est-ce que ça... Parfois, t'sais, moi je me souviens, je me trouvais... Je trouvais ça vraiment injuste, mais avec une explication de même, si quelqu'un me l'avait expliqué de même, moi je pense que j'aurais été rassuré de savoir, OK, c'est pour ça qu'on interagit comme ça, puis c'est pour ça qu'on a un environnement contrôlé. Même d'une autre façon, t'sais... Est-ce qu'on pourrait dire... Comment est-ce qu' on peut vraiment distinguer une relation qui favorise notre établissement Versus une relation qui pourrait plutôt maintenir certaines difficultés ou même encore pire, engendrer davantage de difficultés, tandis qu'on est dans un moment vraiment fragile et qu'on devrait vraiment pouvoir essentiellement avoir une petite biquée pour s'aider à remonter essentiellement. Oui, vas-y Myriam. [00:21:34] Speaker E: Moi, contrairement à vous, j'ai juste été à l'hôpital de jour. Ça fait que c'était beaucoup plus libre. Dans le fond, tu parlais vraiment... Moi, je parlais à tout le monde. C'était vraiment genre... T'avais un salon le matin, t'arrivais, tout le monde parlait. C'était pas vraiment contrôlé sur ce point-là, en tout cas. Mais il y avait tout le temps un adulte, mettons, qui venait au cas où qu'il y ait quelque chose. [00:21:59] Speaker C: Qui surveillait un petit peu les conversations. [00:22:02] Speaker E: Exactement. Puis moi, je sais que personnellement, j'aurais peut-être préféré que sur certaines choses, ça aurait été plus contrôlé. [00:22:15] Speaker D: Je comprends. [00:22:16] Speaker C: As-tu un exemple? [00:22:18] Speaker E: J'avais une amie que je m'étais faite là-bas. À la fin de son séjour, elle est venue me voir, puis elle m'a dit «Je pense encore à me suicider, je me fais encore du mal.» Puis moi, elle m'a dit de ne pas en parler. Fait que là, je le prenais sur moi, mais il m'a emmenée J'ai décidé de le dire à un intervenant parce que je me demandais s'il se passe quelque chose. J'avais peur pour elle. Maintenant, cette personne, je ne suis plus en contact avec elle. Mais voilà. [00:22:51] Speaker B: C'est logique. [00:22:52] Speaker C: Ça me fait penser, Nathan, de ta question. Tu disais comment on reconnaît des relations saines ou malsaines, mais tu donnes un bon exemple. D'autres exemples, c'est par exemple si les relations sur les unités sont utilisées pour se comparer dans l'automutilation, qui est le plus blessé, qui a été le plus déprimé ou le plus anxieux dans l'espèce de compétitivité, de gravité des symptômes. Nécessairement, je pense qu'on est dans le moins sain, la section moins saine. Ou bien quand on partage du vécu personnel qui est peut-être trop personnel justement, pas de frontières ou pas de, on va dire, pas de limite sur ce qu'on va partager. Ça aussi, je pense que ça devient un peu moins sain.— [00:23:38] Speaker B: Définitivement.— [00:23:39] Speaker D: Oui, de mon côté, comme tu dis, moi, souvent, ça m'arrivait de me comparer aux problèmes des autres. Ça faisait que je réduisais mes problèmes à moi. En attendant le vécu des autres, je pense que c'est un point négatif aux côtés des relations, parce que je me questionnais sur moi et j'étais comme «ah ben, j'ai pas ma place ici». Aussi, pour compléter à ce que t'as dit Myriam, j'ai aussi eu, à un moment donné, une aventure. Quelqu'un à l'unité a avoué à moi et à une autre fille qu'elle ne disait pas la vérité aux intervenants. Puis qu'elle était comme, mais moi, on était genre, ah, mais t'sais, t'es là pour t'aider, dis la vérité. Puis elle était comme, ah non, mais ça me tente pas de leur dire. Puis elle nous a dit des trucs inquiétants. Puis après ça, comme toi, on a dû... de comme aller voir les autres, puis veut-veut pas de trahir sa confiance, même si on était à l'unité. Fait que pour ces raisons, je pense que je comprends que ça doit être encadré. Puis aussi, comme t'as dit tantôt, à l'hôpital de jour, moi j'ai fait les deux, on est moins un peu encadrés, veut-veut-pas, je veux dire, c'est un peu plus libre. Puis à un moment donné, je me souviens que c'est tombé qu'il n'y avait pas d'intervenant à ce moment-là dans la pièce. Puis il y a des gens qui avaient commencé à parler du suicide de façon, tu sais, c'était moins structuré. Ça fait que pour moi, à ce moment-là, qui étais encore vulnérable, c'était difficile d'entendre ça de d'autres points de vue. Puis je me souviens qu'après ça, je lui avais dit de prendre un moment comme de côté. Puis c'est là que j'ai compris que comme c'est vrai que des fois, entre jeunes vulnérables, on fait plus se contaminer que d'autres choses. Ça fait que je pense que, pour ces raisons-là, des fois, c'est vrai que c'est important d'être, que veux, veux pas, bien, ça soit encadré par les professionnels, puis pour pas nous affecter davantage. [00:25:25] Speaker B: Ça fait qu'on comprend que c'est pas facile. On a de la misère à déchiffrer si c'est une relation saine ou est-ce que parfois c'est une relation moins saine, parfois c'est plus clair, comme les exemples qu'on vient d'avoir. C'est clair qu'il y a des situations où c'est clair que c'est pas bon. Mais d'une façon, ces relations-là, on essaie le mieux qu'on peut de les distinguer, mais on essaie juste d'être moins sept, souvent. C'est ça que j'ai remarqué, c'est qu'on essaie, dépendant d'où on est naturellement, comme on vient d'établir, on est souvent à l'interne, on est enfermé, on ne peut pas sortir, on n'a pas nécessairement accès à communiquer à nos parents tout le temps, seulement à certaines heures planifiées. Donc on essaie, avec d'autres jeunes de notre âge, de se retrouver. Mais on peut réaliser rapidement qu'il faut faire attention, qu'il faut être vigilant, qu'il faut juste faire un tri. Moi, si je dis que mon meilleur advice, désolé mon anglais, que je pourrais dire, c'est d'écouter son cœur puis de savoir, est-ce que cette personne-là me fait du bien? Est-ce que vraiment j'aime communiquer avec cette personne-là parce que je me sens rétabli, mais pas rétabli. Ce n'est pas le bon mot. Est-ce que je me sens... Je ne Oui, sais pas toi. c'est ça. Mais est-ce que je me sens mieux par rapport à cette situation-là? Mais ce n'est pas un mieux temporaire. Ce n'est pas juste je me distrais. Ce n'est pas la distraction. C'est est-ce que je me sens fondamentalement mieux qu'avant que j'y ai parlé. [00:26:53] Speaker D: Oui. [00:26:53] Speaker C: Puis tu amènes un point intéressant parce qu'évidemment, les amitiés peuvent être un peu gérées ou contrôlées, c'est peut-être un grand terme, mais monitorées, on va dire ça comme ça, mais il ne faut pas sous-estimer la valeur justement de l'aspect social de l'unité parce que pour plusieurs jeunes, une des raisons d'hospitalisation, c'est les difficultés relationnelles, les conflits. Il y a beaucoup de jeunes qui vont sentir que ça ne fonctionne pas bien, ils n'arrivent pas à être en lien. le fait d'arriver sur l'unité, de voir d'autres gens qui vivent des choses similaires, dans la même posture de vulnérabilité qu'eux, mais ça, ça peut faire du bien, on se sent moins seul, on se sent compris, on sent qu'on peut appartenir à un groupe, on trouve qu'on ressemble aux autres, puis ça, au niveau de l'estime, au niveau du rétablissement, au niveau de lumière, ça a beaucoup de bénéfiques. [00:27:45] Speaker D: Puis je pense, justement, en parlant de vulnérabilité, souvent c'est difficile de faire la différence entre est-ce que mon amitié est fondée sur... parce que veux, veux pas, c'est sûr que quand on connaît des gens qui nous ont vus au plus vulnérables qu'on ait été dans notre vie, ça crée un lien veux, veux pas parce qu'ils nous connaissent d'une certaine façon que même nos amis de l'extérieur ne nous connaissent pas. Fait que c'est là, c'est de savoir, OK, est-ce que cette amitié-là ou cette relation-là est fondée juste sur le fait qu'on s'est vus de façon vulnérable, puis on sait des choses très profondes sur nous, ou c'est qu'on a d'autres liens qui font qu'on a du fun ensemble. Fait que déjà, on a de la difficulté à gérer nos problèmes. Puis en plus, il faut aussi analyser nos relations à l'extérieur. Fait que je pense, en général, il faut juste être prudent là-dessus. puis faire confiance autant aux professionnels qu'à notre camarade qui nous dit des choses. [00:28:42] Speaker B: Même si on ne veut pas parfois écouter les professionnels, malheureusement, avec un rétrospect, ils ont souvent raison. [00:28:48] Speaker D: Oui, il faut faire confiance. [00:28:50] Speaker B: Ça nous fait mal à dire, je ne peux pas vous mentir. Dans le moment, j'étais très, on va dire, pas rebelle, mais j'étais très contre la thérapie des adultes qui semblaient savoir tout, qui avaient toutes les réponses à tout. Moi, je ne voulais rien savoir, mais en rétrospect, Ils ont fait les études. Ils savent de quoi ils parlent. On en prend et on en laisse. Maintenant, si on a gardé nos amis, par exemple, nos amis qu'on a faits à l'hôpital, comment est-ce que ces relations-là auraient évolué suite à l'hospitalisation? Est-ce que c'est encore plein de préjugés? Est-ce que c'est en plein de stigmatisation? On a-t-il fait un ménage des amitiés non nécessaires qui ne sont pas nécessairement faites à l'hôpitalisation, ceux-là? puis les rechutes, puis comment les amis le vivent et comment est-ce qu'ils peuvent s'outiller. Toutes les années qu'on s'est faites pendant la hospitalisation et qu'on avait avant la hospitalisation, qu'est-ce que vous en pensez? Moi, de mon point de vue, je trouve qu'ils évoluent tous différemment parce qu'une relation, c'est compliqué, c'est difficile, c'est beaucoup d'efforts. Une relation, c'est un effort quasiment quotidien d'entretenir ces relations-là et c'est souvent épuisant. Donc, ils évoluent de toute façon différente. De mon côté, si je parle d'une amitié que je me suis faite à l'hôpital, on s'est suivi sur les réseaux sociaux, même si les interprétants nous ont dit de ne pas le faire. Ils l'ont dit à plusieurs reprises, mais dans ce temps-là, comme je vous le disais, j'étais très contre les mots des adultes. Donc, j'ai fait mon propre regret. On s'est suivi sur les réseaux sociaux, on est resté en contact, on likait les posts, on likait les stories, c'est comme si on s'était fait de même. Et à un moment donné, elle m'a invité à sa fête de 18 ans. Mais là, moi, il faut comprendre que je ne connais pas son groupe d'amis, je ne connais pas son entourage, je ne connais essentiellement aucune personne invitée à part la fêtée. Donc, moi, je me suis senti un peu inconfortable à l'idée de voir m'introduire à des nouvelles personnes, mais m'introduire en me disant «Ah, salut, j'ai rencontré telle personne.» Puis là, ils me demandent la question «Ah, comment vous vous connaissez?» Ouais, comment je peux expliquer ça? Disons que… Donc, tu vois, je voulais éviter la conversation, puis je ne voulais pas que ces gens-là m'associent. Je connais le nom de cette personne-là, puis je connais qu'elle a été hospitalisée en santé mentale. Je n'étais pas à l'aise avec ça, et c'est là que j'ai réalisé que cette amitié-là n'était pas nécessairement pour moi par rapport à cette situation qu'on a vécue. Parce que oui, j'ai été hospitalisé, mais je ne le laisse pas me définir, et je trouve que j'ai besoin de m'ouvrir. Vous avez mon anglais. [00:31:22] Speaker C: C'est comme si le lien que vous avez mis ensemble, ce lien-là, c'était un peu détérioré avec le temps. Il y avait moins de sens qu'il y avait à ce moment-là. [00:31:30] Speaker B: Définitivement, définitivement. [00:31:33] Speaker C: En même temps, je pense qu'il y en a qui ont développé des amitiés et qui ont été quand même durables, qui ont resté au-delà de l'hospitalisation. [00:31:42] Speaker E: Moi, personnellement, mon amie que j'ai parlé au début, que j'ai rencontrée à la thérapie par l'aventure, C'est encore mon ami. Malgré les rechutes et les moments qui vont moins bien, même si parfois on est en rechute, parfois en même temps, on est un peu en décalé, on est toujours là l'une pour l'autre. On se fait rire, on est juste bien ensemble. Puis juste, il y a des moments aussi qu'on est juste... qu'on va pas bien. On est juste dans la même pièce, mais on fait rien. On parle pas, on est juste là. [00:32:23] Speaker B: Juste parce que... [00:32:24] Speaker E: On veut pas être toute seule. [00:32:27] Speaker B: Je comprends. [00:32:27] Speaker E: La présence de quelqu'un aide parfois. [00:32:31] Speaker A: Oui. [00:32:31] Speaker B: C'est beau. [00:32:32] Speaker D: Puis je pense aussi, tantôt, de parler des réseaux sociaux. Puis je pense maintenant, c'est vraiment... Ça fait vraiment... C'est... Ça... Ça prend une grande partie de nos jours, les réseaux sociaux. Je pense que c'est rendu facile, mettons, de juste... T'es à l'unité, puis là, hop, tu passes un petit papier avec ton compte. Puis après ça, je trouve que c'est quand même plus difficile à gérer de... OK, est-ce que je m'abonne à la personne? OK, mais là, elle m'a écrit un message, mais... là, est-ce que je me sens obligée d'y répondre? Là, si elle dit qu'elle ne va pas bien, là, techniquement, je lui ai dit qu'on allait se voir pendant qu'on était à l'hôpital, mais est-ce que c'est à moi de, comme, l'aider à se remettre? Mais est-ce que ce sont aux adultes? Fait que je pense que les réseaux sociaux aussi, maintenant, ça prend une grande place là-dedans parce que c'est vraiment plus facile de communiquer que juste de, comme, «Ah, je vais donner mon téléphone et tu décides de répondre ou non, tu sais.» Je pense que ça a été difficile de ne pas me sentir responsable si quelqu'un de l'unité m'écrit et me dit qu'il ne va pas bien, ou s'il me dit «je veux te voir », mais moi je ne veux pas nécessairement l'avoir. Je ne tiens pas à ça, mais pas juste voir la personne parce que je me sens mal pour elle et je lui avais dit. Fait que je pense que ça c'est aussi difficile, mais aussi si on parle du filet de sécurité, puis comment nos amis aussi de l'extérieur peuvent nous aider à gérer ça. Je pense que pour moi, ce qui a aidé, c'est que J'en ai parlé de mon filet de sécurité à mes amis que j'étais très proche. Comme ça, quand j'allais pas bien, ils savaient quoi faire à la place d'être juste dans l'incompréhension puis dans l'impuissance. Je pense que quand tu te sens assez proche d'une personne, tu peux lui parler, mettons, «Ah, ça, c'est mon étape 1, 2, 3.» Comme ça, après ça, la personne, mettons qu'elle voit que t'es pas bien, tu sais, des fois, sur le coup, t'es pas capable de dire, «OK, là, peux-tu faire du dessin avec moi? Peux-tu aller prendre une marche?» Il ne veut pas en en être consciente. Je pense que ça, ça facilite vraiment. Autant avec tes parents que tu en parles avec tes parents, que ça s'est fait avec la travaille sociale, que je pense que de ton côté, d'en parler à tes amis proches, ça peut vraiment aider. Autant que pour toi, tu ne vas pas te sentir lourde de leur en parler, mais eux, ils vont savoir quoi faire aussi. [00:34:48] Speaker E: Personnellement, je suis pas mal d'accord avec ce que tu dis, parce que moi, désolée, encore une fois, ma meilleure amie, quand, admettons, je fais des crises de panique, que je fais de l'hyperventilation, elle me rappelle ce qu'on a appris à l'hôpital de Geaux, genre les respirations, avoir une petite voix positive dans ta tête. Puis parfois, c'est même elle qui fait ma voix positive quand j'ai de la misère. Fait que pour ça, moi, ça m'a beaucoup aidée. [00:35:13] Speaker C: Je suis sûre que vos amis l'apprécient, ça, de les avoir outillés à vous aider, parce que quand on est ami avec quelqu'un, ce qu'on veut le plus, c'est son bien et être capable de prendre soin. Ça fait que c'est effectivement une très bonne idée de partager à ses amis de quoi on a besoin quand on ne se sent pas bien. [00:35:31] Speaker D: Puis je pense que ça crée aussi un lien de confiance encore plus fort, de comme «Ah OK, mon ami me fait assez confiance pour me parler de ce qui la met en sécurité quand elle ne va pas bien.» Donc oui, c'est ça. [00:35:44] Speaker B: Donc j'entends que c'est la communication, essentiellement c'est la clé par rapport à ça, c'est dire à tes amis. pas nécessairement pourquoi ça va mal, parce que c'est difficile à dire pourquoi ça va mal. On ne trouve pas les mots, parce que nous-mêmes, on ne comprend pas nos propres sentiments, mais expliquer le mieux qu'on peut, comment est-ce qu'ils peuvent être présents pour nous, sans donner trop le fardeau, nécessairement, à nos amis. [00:36:08] Speaker D: Autant pour eux aussi, mettons qu'on parle plus de préjugés, je pense que des fois, on peut avoir peur que nos amis pensent quelque chose. Mettons, moi, il y en a qui voulaient, après mon hospitalisation, il y en qui voulaient beaucoup me protéger, me surprotéger. Mettons et on va pas... Je fais de la danse, mais on va moins comme... On veut qu'ils apprennent soin d'elles pis tout. Fait que je pense communiquer pour pas qu'ils pensent des choses. Pis là, tu te sens quasiment trop protégée, mais en même temps, t'sais, c'est comme le juste milieu. Fait qu'autant communiquer de notre filet de sécurité, où on est rendu dans notre processus de rétablissement aussi, je pense. [00:36:47] Speaker C: Tantôt, Rose, tu as abordé les réseaux sociaux, et quand vous arrivez sur l'unité, c'est la douche froide, on retire le téléphone, plus de contact avec les amis, plus de contact sur les réseaux. Je ne sais pas comment vous avez vécu ce sevrage. [00:37:02] Speaker B: Moi, de mon côté, c'était difficile. En étant quelqu'un qui était hyper focussé sur les écrans, tout le temps en distraction, jamais de moment à moi-même tout seul, tout le temps sur les écrans, c'était déjà un gros enjeu pour moi. De quitter comme ça mon téléphone, ce n'était pas facile. Je me souviens juste de quelques secondes avant qu'elle m'enlève mon téléphone, j'ai envoyé un message à ma meilleure amie, puis elle a compris. Elle l'avait un peu vue venir aussi, essentiellement, parce qu'on était très, très proche. On est encore très, très proches d'ailleurs. avec ça, à l'effet de son mieux de contrôler le... comment on peut dire en français, le fallout, le... [00:37:49] Speaker C: Les rumeurs? [00:37:50] Speaker B: Oui, on peut dire les rumeurs, si on peut faire une petite parenthèse sur les rumeurs aussi. Ça pourrait être intéressant que, OK, là, Nathan est hospitalisé, c'est quoi qui s'est passé? Puis tout le monde savait qu'on était super proche, donc elle lui posait beaucoup de questions. Donc finalement, en plus, malheureusement, l'école avait une petite maladroite dans ce qu'ils ont fait. Ils ont vu, il était écrit en gros que j'étais hospitalisé quand ils prenaient les présences. Je comprends que ce n'est pas normal, ce n'est pas supposé, mais malheureusement, c'est arrivé. On va quand même en parler parce que je trouve ça important. Donc là, apparemment, je suis hospitalisé. Donc là, j'ai eu une appendicite. C'est tout un scénario. Mais finalement, elle a vraiment fait de son possible. Je suis super reconnaissant de ses efforts. [00:38:33] Speaker C: Protéger ta réputation un peu, tu veux dire? [00:38:35] Speaker B: Oui, c'est ça. Puis là, en rétrospect, je vois comme si protéger ma réputation, ça serait mauvais d'être à l'hôpital pour la santé mentale. Mais moi, je ne le vois pas comme ça. Je le vois plus à cause que, justement, on en a parlé tantôt, c'est tabou. C'est difficile d'en parler à qui est à l'hôpital. Mais là, je n'ai pas vu les signes. Pourquoi est-il à l'hôtel? Attends, mais là, il y avait l'air d'être correct. Malgré que c'est un cheminement que les gens doivent s'opposer, de dire «OK, peut-être que la santé mentale, finalement, ce n'est pas aussi physique qu'on pense, ce n'est pas aussi clair, c'est peut-être…» [00:39:01] Speaker C: – Évidemment. [00:39:01] Speaker B: – Oui, c'est ça. Ce n'est pas noir ou blanc, c'est beaucoup la zone grise. Donc, c'est peut-être un rétrospect que les gens auraient besoin d'avoir, mais moi, je ne voulais pas qu'ils le sachent, parce que moi, dans le moment, je trouvais ça honteux, je trouvais ça pas correct. Avec l'évolution, je vois que peut-être j'aurais été à l'aise d'en parler. Puis oui, j'aurais eu beaucoup de questions. J'aurais eu beaucoup de difficultés à répondre à ces questions-là. Mais je crois que les gens auraient peut-être été mieux de le savoir. Moi, je comprends que ce n'est pas du tout le cas pour tout le monde, mais on ne leur doit rien à cette personne-là. C'est très, très, très personnel. Mais à cause que tantôt, on parlait des commentaires qui sont un peu ignorants, peut-être que là, on aurait pu sensibiliser ma classe au complet avec un podcast ou avec une vidéo. [00:39:53] Speaker C: À rétrospective, tu te dis que ça aurait pu être une bonne chose d'ouvrir sur l'hospitalisation, mais tu te rappelles qu'à ce moment-là, Je voulais rien savoir. Ce n'était pas ton désir ou ton besoin. [00:40:04] Speaker B: Non, je comprends. Je pense que c'était le besoin. [00:40:06] Speaker D: Oui, exact. Je pense que sur le coup, moi, je pense que ma prof de tutrice avait fait un message à ma classe de «quand Rose va revenir, ne lui pose pas de questions, mais pas obligé de mettre l'accent là-dessus». Les gens ne m'avaient pas tant posé de questions, mais vers la fin de l'année, je recevais des questions. Puis je pense, Au début de mon hospitalisation, j'avais un peu honte, mais j'ai réalisé qu'on ne devrait pas avoir honte, mais je pense, d'en parler, justement, c'est ça qui va faire la différence, parce qu'aussi, il y a souvent des tabous perçus sur la psychiatrie en général, puis je pense qu'éclairer ça, justement, en faisant des balados, en les abordant dans certaines matières, c'est pertinent. Puis aussi, pour revenir sur les réseaux sociaux, Personnellement, moi, tout ce qui est téléphone, réseaux sociaux, au début j'avais peur, mais ça m'a tellement fait du bien. C'est comme si j'avais besoin de ça. J'avais besoin de comme pas être chez moi, être avec des gens que je connais pas, être dans une bulle extérieure. J'avais besoin de me sortir de tout ce brouhaha que j'étais dedans. Fait qu'avoir d'autres choses qu'un téléphone, que juste regarder comme mes amis, informer mes amis, c'est comme ça me fait du bien d'être séparée de tout ça puis de juste pour une fois comme prendre soin de moi sans me soucier des autres personnes. Puis je pense qu'à un rendu là, il faut faire... On a beau se sentir mal de «Ah, j'ai pas répondu à telle personne », mais à un moment donné, il faut prendre un moment pour se concentrer sur nous puis oublier un peu les autres là-dedans. [00:41:37] Speaker B: Très intéressant. Si on veut conclure notre balado en mettant une petite réponse à une question de comment est-ce qu'on peut aider un ami qui vit une situation difficile. Moi, je dirais de soutenir un ami, ce n'est pas de porter le fardeau de leurs problèmes, c'est d'être présent et de gentiment les diriger vers le bon chemin. Puis parfois, le bon chemin, c'est l'aide professionnelle. Puis, peut-être qu'en communiquant ces besoins-là à nos amis, peut-être qu'on va pouvoir ouvrir une conversation très saine. [00:42:06] Speaker C: Je suis 100 d'accord avec toi, Nathan. Je pense que c'est important de diriger les gens qui sont souffrants vers les professionnels qui sont capables de les aider, tout en comme amis restant proches. On peut rester à l'écoute, on peut soutenir, on peut écouter, mais on ne peut pas traiter, on ne peut pas guérir, on ne peut pas soigner quand on n'est pas soignant. Donc là, on dirige vers les bonnes personnes. [00:42:30] Speaker D: Oui, juste des fois de dire à ses amis qu'on est là pour eux, sans nécessairement demander toutes les causes de leurs problèmes, mais juste dire «Ah, tu comptes pour moi, t'es important dans ma vie». Je pense que ça fait vraiment la différence d'entendre ces phrases-là quand ça va pas bien. Puis pour ma part, je pense que la plupart de mes amitiés, ça les a vraiment renforcis. Mes amitiés sont de plus en plus fortes à cause de ce qui m'est arrivé, je pense, de savoir Ils ont vraiment su la vraie version de moi-même, ma vraie personnalité, mes vrais problèmes. Je n'ai pas essayé de me mettre un masque sur ce que je vivais. Je pense que ça a aidé. Ils connaissent vraiment ma vraie personne maintenant. Maintenant, des fois, on en parle de ce qui m'est arrivé. Je n'en ai aucune gêne. Eux ne sont pas gênés. Je pense que c'est ça qui est beau, d'être juste à l'aise là-dedans. [00:43:20] Speaker B: Merci beaucoup de votre témoignage et merci beaucoup Brigitte d'être venue ici aujourd'hui. [00:43:25] Speaker C: Ça me fait très plaisir. [00:43:26] Speaker B: Ça va conclure notre podcast sur l'amitié. On vous souhaite vraiment bonne chance pour la suite et vous êtes capables.

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